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VAYIKRA: LA SIGNIFICATION METAPHYSIQUE DU  QORBAN
 
Le livre de Vayikra s'articule essentiellement autour du travail[1] dans le Temple, que l'on appelle improprement en français "sacrifices", et qui connotent une idée très négative de massacre d'animaux avec des bains de sang. En hébreu le terme est tout différent: qorban, qui signifie littéralement celui qu'on a approché. Le mot vient de la racine qarev, qui veut dire proche. Il s'agit de se rapprocher de D.ieu, et ce en amenant un animal ou des produits de la terre au Temple de Jérusalem, et de le "sacrifier" sur l'autel, selon un rite décrit avec une grande précision dans le livre de Vayikra.  Le qorban s'inscrit dans un plan beaucoup plus large qui est celui du Temple, chargé de dispenser le flux divin au monde entier. En effet, le Temple est le point de jonction entre les mondes supérieurs et le monde terrestre. C'est à partir du Temple et du travail des prêtres qui s'y pratique que va s'opérer le passage du spirituel au matériel. Chaque élément du Temple va ainsi avoir un rôle quasi-cosmique, puisque c'est à partir de lui que l'abondance divine pourra se déverser dans le monde. Ainsi, les pains de proposition déposés sur la table du sanctuaire seront les vecteurs de l'abondance alimentaire dans le monde, et empêcheront toute famine. L'encens, travail hautement spirituel, assurera la paix dans le monde, valeur également très élevée.
Nous apprenons le rôle du Temple grâce à l'analogie entre celui-ci et le corps de l'homme[2]. Le Ramhal, dans Michkéné Elion (Les Temples suprêmes), décrit le parallèle entre les différentes  parties du Temple et la structure humaine. Ainsi, le Saint des Saints (Kodech Hakodachim) représente le cerveau humain, chaque Table symbolisant un hémisphère cérébral, le crâne correspondant à l'Arche. Puis le Candélabre (la Ménora) parallèle les yeux; l'encens (la Kétoret) représente le nez; les Pains de Proposition sur la Table sont à rapprocher de la bouche. Sortant de l'espace du Saint où se trouvent tous ces ustensiles, nous arrivons au "Oulam" où se trouve l'autel. Si le Saint représente le visage, le Oulam est à mettre  en parallèle avec le buste de l'homme. L'autel serait, dans cette optique, le système digestif, qui consomme les aliments venus de l'extérieur (ici les animaux-qorban), et fait ainsi le triage entre la partie des aliments à absorber et le reste à évacuer. Dans le travail des qorbanot, on trouve le même phénomène de sélection. Le qorban est brûlé sur l'autel, et les cendres (le déchen) est nettoyé le matin par le prêtre de garde; c'est même le premier travail qu'on effectue dans le Temple: avant de commencer la sanctification et l'élévation du monde, il faut avoir éliminé tout ce qui pourrait entraver ce travail.[3]
Ce travail de sélection s'avère central dans le Temple. C'est par et pour les qorbanot que le Temple fonctionne[4]. Si la Torah y a consacré un livre entier (Vayikra), c'est que les qorbanot sont essentiels à qui veut  répondre à l'appel (vayikra) lancé par D.ieu pour tenter de se rapprocher de Lui, pour tenter la grande expérience de la Dvékout.
Car les qorbanot nous offrent la possibilité unique de trier en nous le bien et le mal, et ainsi  de nous élever vers le Haut, vers le spirituel. En effet, dans un qorban, on doit brûler d'abord la graisse et le sang. Ces deux constituants, nous dit le Ramhal, correspondent aux désirs (la graisse) et à l'orgueil (le sang). Pour qu'un homme fasse véritablement tchouva, il faut d'abord qu'il se débarasse de ses lacunes, en commençant par maîtriser ses désirs et éliminer son orgueil. En consommant le sang et la graisse du qorban sur l'autel, l'homme sacrifie symboliquement ses penchants négatifs. Ainsi il pourra se rapprocher de D.ieu.
On comprend mieux maintenant pourquoi les qorbanot revêtent une telle importance dans l'économie de la vie juive. Ils sont l'intermédiaire favorisant le contact entre D.ieu et Son peuple. Et lorsque ces qorbanot ne purent plus être pratiqués, après la destruction du Temple, les Sages les ont remplaçés par la prière, qui est devenue le vecteur de communication entre nous et D.ieu, ainsi que le dit le prophète Osée: "Nous complèterons les sacrifices des taureaux par nos prières (14, 3).
Mais ce rapprochement entre D.ieu et nous va encore plus loin. Car par le travail des qorbanot, on ne fait rien de moins qu'atteindre le but que D.ieu avait assigné au monde en le créant: rassembler tous les éléments disparates de la création et les faire remonter vers leur origine divine. Dans le langage de la Cabale: réunion des éléments séparés (nifradim) à la Source (Chorech) pour atteindre l'adhésion (dvékout) à  D.ieu[5]. Le Ramhal décrit ce principe comme la perfection et le but ultime de tout homme: "Et lorsque tu approfondiras le sujet, tu verras que la véritable perfection est uniquement l'adhésion à D.ieu" (Mésilat Yécharim, La voie des Justes, chapitre 1). L'adhésion à D.ieu se fait en deux phases:
  1. L'âme de l'homme s'élève et s'unit dans un premier temps avec son origine, qui se trouve dans la Chekhina, la Présence Divine sur terre. Cette élévation est rendue possible justement par le travail des qorbanot, qui sanctifie le corps de l'homme en "sacrifiant" l'animal sur l'autel, et montre ainsi qu'il désire maîtriser toutes ses pulsions physiques et son orgueil, sources du mal au niveau individuel. Par le qorban, l'homme aura fait le tri entre le matériel et le spirituel et pourra ainsi se rapprocher de son origine divine.
  2. Dans une seconde étape, ce processus, de particulier, devient collectif: tous les êtres créés ont réalisé ce processus de triage et d'élévation spirituelle, et alors ce qui était séparé peut s'unir à la Présence Divine. On atteint le stade de l'union des mondes, de l'unité retrouvée entre le Créateur et les créatures. Degré extrême de perfection, où l'unité et la souveraineté de D.ieu sont vécues par tous les êtres vivants.
Ainsi, par le biais des qorbanot, l'homme peut en quelque sorte s'épurer de ses tendances animales, et s'unir, ou au moins se rapprocher, de son origine divine. Ce processus le place dans la position de l'homme "idéal", c'est-à-dire Adam avant la faute. Le qorban, qui était apporté pour expier d'une faute, permet une sorte de "revirginisation" du fauteur. En sacrifiant un animal au Temple, le fauteur montre qu'il a compris qu'il fallait dominer ses instincts animaux qui l'ont amené à fauter, et ainsi il peut aspirer à une haute expression de sa spiritualité, but de la création de l'homme. C'est la voie vers la perfection humaine, comme Adam séjournant dans le Jardin d'Eden avant la faute, où il existait une communication directe entre D.ieu et lui, et où le corps et l'âme étaient translucides, enveloppés de la lumière divine[6].
Le qorban n'est donc pas cette image fausse et dévoyée d'animaux sacrifiés pour un D.ieu affamé de sang, mais au contraire le vecteur d'une plus grande spiritualité, le moyen d'atteindre des sommets destinés à l'union des êtres créés avec leur Créateur, et  ainsi d'amener sur terre une plus grande fraternité, car tous les hommes se retrouveront unis par l'image du divin inscrit en eux et qui s'exprimera en plein après le travail préliminaire des qorbanot.        
 

 
 
[1] Nous préférons le terme de travail à celui , plus usité en français, de "service" qui traduit improprement ce que l'hébreu entend par "avoda".
[2] Voir notre article sur Trouma.
[3] Dans la même veine, les cabalistes recommendent une vidange intestinale le matin avant la prière, pour que le corps soit prêt à recevoir le maximum de sainteté (Voir Ari zal, Chaar Hakavanot, introduction)
[4] Même si le Temple Lui-même, comme nous l'avons expliqué dans la paracha de Trouma, a une sainteté intrinsèque indépendante des qorbanot qu'on y pratique.
[5] Voir Kitsour Hakavanot du Ramhal p 162.
[6] Le corps de l'homme était alors enveloppé non d'une peau עור mais d'une couche de lumière אור. La dichotomie corps-esprit n'existait même pas, l'homme avant la faute baignant dans un contact constant et immédiat avec le divin.
 
 

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