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HOUKAT: LES EAUX DE MERIVA OU MOÏSE

FACE A LA MATERIALITE

 
Les 40 ans d’errance dans le désert touchent à leur fin. Une nouvelle génération, celle qui va rentrer en Eretz-Israël, a remplacé celle de la sortie d’Egypte et des miracles pluri-quotidiens du désert. Malheureusement, les grandes figures spirituelles qui servaient de conduit entre D.ieu et le peuple pour la réalisation de ces miracles disparaissent tour à tour. Myriam la prophétesse était celle par qui l’eau arrivait en abondance. Après sa disparition, le peuple est confronté à une pénurie d’eau. C’est alors que D.ieu enjoint à Moïse et Aaron de parler au rocher, en présence de toute l’assemblée, pour en faire sortir de l’eau. La suite est connue: au lieu de parler au rocher, Moïse le frappe par deux fois. Il en sortira bien de l’eau, mais Moïse se voit privé de l’accès à la Terre d’Israël. La raison que D.ieu invoque est qu’ils auraient pu faire une sanctification de Son Nom s’ils avaient parlé au rocher devant tout Israël.
 
Plusieurs questions se posent autour de cet épisode énigmatique. Tout d’abord, quel est le lien entre le rocher et l’entrée en Eretz -Israël? Ensuite en quoi le fait de parler au rocher constitue-t-il un Kidouch Hachem? Enfin pourquoi était-il nécessaire que tout le peuple soit présent lorsque Moïse s’adresse au rocher?
Pour résoudre ces questions, il faut tout d’abord distinguer entre la fonction de la génération du désert et celle de la génération qui s’apprête à rentrer en Israël. La première est formée d’anciens esclaves qui ont été pris sans leur consentement d’Egypte, pour recevoir la Torah, également sans leur consentement, et qui pendant 40 ans n’ont pas eu à s’occuper de leurs besoins matériels: la manne tombait du ciel, l’eau sortait du puits de Myriam, les nuées de la Gloire Divine les protégeaient jour et nuit, et leurs habits ne s’usaient pas. Ils vivaient en quelque sorte comme des anges, occupés uniquement à étudier la Torah que Moïse recevait directement de D.ieu. Leur rôle n’était donc pas de s’occuper du matériel et de le sanctifier, mais bien plutôt de faire descendre la Torah sur terre, d’amener le ciel sur la terre. Cet état est appelé par les Cabalistes “Visage de Léah”. Il correspond à un degré de haute spiritualité qui ne dépend pas des actes de l’homme, mais du Désir de D.ieu de se révéler à Son peuple et d’y faire régner Sa Torah. Ce processus est apparu dans l’histoire au moment de la sortie d’Egypte et du Don de la Torah, où D.ieu seul agissait face à un peuple totalement passif.
A l’opposé, la génération qui va rentrer en Eretz- Israël sait qu’elle doit se mesurer à toutes les difficultés matérielles inhérentes à leur installation. Leur rôle n’est pas de recevoir passivement les miracles que D.ieu prodigue, mais d’instaurer un monde où règne la sainteté, et ce par l’intermédiaire de leurs actes. Leur fonction ontologique sera donc, non pas de faire descendre le ciel sur terre, mais d’élever la terre, le matériel vers le ciel. C’est ce que les cabalistes nomment le “Visage de Rachel”. Il est remarquable que cet état est considére comme plus élevé, plus complet que celui du “Visage de Léah”, car il fait intervenir le travail de l’homme. Ainsi le Ramhal écrit dans Daat Tvounot: “ Je vais te faire connaître un principe fondamental. L’Assemblée d’Israël possède une racine de sainteté qui est commune à toute la sainte nation du fait qu’ils sont Israël, et même aux impies parmi eux, car nos sages ont dit: ”Israël, bien qu’il ait commis des péchés, reste Israël” (Sanhedrin 44a). Cet aspect est enraciné dans des niveaux très élevés, parcequ’Israël provient de D.ieu, comme le dit le verset:” Ma part est D.ieu, dit mon âme, c’est pourquoi j’espère en Lui” (Lamentations 3, 24). Néanmoins, la Direction des mondes, très étendue et profonde à tous les niveaux des existants, bons ou mauvais, ne dépend pas de cette racine[1], mais des actions des hommes, chacun étant jugé selon ses actions. Il existe donc une racine générale, première de l’Assemblée d’Israël, qui a peu d’engendrements dans l’histoire, une racine qui n’est donc pas la principale, même si elle est très élevée. L’autre racine est l’essentielle, car elle dépend des actes des hommes et de leur service pour D.ieu, d’où découlent tous les aspects de la Direction Divine[2](Daat Tvounot, paragraphe 160, Editions Ramhal, 2002).
 
Sur cette toile de fond, nous pouvons mieux comprendre l’épisode du rocher et la réaction de Moïse. Le peuple demande de l’eau à partir d’un rocher quelconque, car il désire sanctifier toute la nature. C’est à partir du minéral, par définition le domaine le plus impersonnel et le plus éloigné de la sainteté, que cette nouvelle génération veut faire le lien avec D.ieu. En faisant agir la Parole de D.ieu sur un rocher inerte, la matière sera sanctifiée. Ainsi le travail qu’ils devront assumer en Israël, à savoir élever la terre vers le ciel, aura déjà été entamé. Nous voyons d’ailleurs que leur requête n’est nullement condamnée par D.ieu, à l’opposé d’autres demandes telles celles de la viande, car elle faisait intervenir des éléments négatifs. Ici, leur demande provient d’un motif entièrement positif: sanctifier la matière. Mais Moïse répond à cette requête négativement : “Ecoutez, ô rebelles! Est-ce que de ce rocher nous pourrions faire sortir de l’eau pour vous? (Nombres, 20, 10). Et Rachi de commenter sur ce verset:” Les Israëlites avaient dit à Moïse et Aaron: qu’importe de quel rocher vous ferez sortir de l’eau? C’est pourquoi Moïse leur dit rebelles, fous, qui voulez être les maîtres (morim) de leurs maîtres”. Nous voyons bien ici l’ambivalence entre l’approche du peuple et celle de Moïse. Le premier considère que de n’importe quel rocher on peut faire sortir de l’eau, puisque leur but est de sanctifier toute la nature, en tant qu’elle est l’oeuvre de D.ieu. Moïse ne comprend pas cette approche, car pour lui, comme pour toute la génération du désert, il n’y a de sanctification que de ce que D.ieu a demandé de sanctifier de manière précise et spécifique: ainsi le Tabernacle et le service divin qui s’y fait, ainsi le Don de la Torah précédé de trois jours de limitation.
Cela paraît déconcertant, à première vue. Comment Moïse, le seul homme à avoir jamais parlé avec D.ieu face à face, pouvait-il ne pas comprendre cette approche que toute une génération, elle, semblait avoir saisie, et exigeait de lui ? Le Rav Moïse Raphael Louria[3] donne l’explication suivante: l’on sait que Moïse bégayait, et que c’est Aaron qui lui servait de porte-parole. La parole, par rapport à la Lumière Divine infinie, est quelque part réductrice, puisqu’elle enferme la Révélation Divine à l’intérieur des lettres et des mots qu’on prononce. Même si le monde a été créé à partir des lettres hébraiques, l’Infini de D.ieu est au-delà de toute création, de tout concept fût-il le plus élevé. Moïse avait une âme qui était au-delà de toute réduction; il était irréductible à toute tentative de synthèse de la Pensée Divine. Et lorsqu’il parlait, c’était la Présence Divine qui parlait à travers lui, et non lui-même. Les paroles qui émanaient de la bouche de Moïse étaient la Parole issue directement de D.ieu, ne concernant que la Torah. Le Dire, autre que la Torah, ne pouvait pas être énoncé par Moïse, car son âme était de l’ordre de l’au-delà du matériel, enracinée dans le Visage de Léah. Dans l’arbre séfirotique, Moïse correspond à la Séfira Daat. La génération d’Eretz-Israël, elle, s’inscrit dans la Royauté (Malkhout), puisqu’elle doit être en prise directe avec la réalité qu’il s’agit de transformer en Bien. Or la royauté s’installe par la parole, le Dire qui régit, agence, dirige les hommes et les événements. C’est pour cela que D.ieu exige de Moïse qu’il parle au rocher, en d’autres termes qu’il fasse le lien entre la matérialité et la Parole Divine, qu’il montre aux yeux de tout le peuple que c’est le Verbe Divin qui dirige le monde matériel. Mais Moïse ne s’inscrit pas dans ce type de révélation. Moïse est l’homme qui permet un contact intime entre D.ieu et le peuple, mais pas celui qui transforme le monde de la réalité en une haute spiritualité. Il amène la Torah sur terre, mais ne fait pas monter la terre vers la Torah.
Cette dimension de Moïse apparaît dès le début de sa mission, lorsqu’il ne comprend pas pourquoi après sa première intervention auprès de Pharaon, le sort des Israëlites devient encore plus précaire. Il va même jusqu’à questionner D.ieu: “Mon D.ieu, pourquoi as-tu fait du mal à ce peuple? (Exode, 5, 22). Moïse ne peut pas comprendre qu’à partir du mal, sortira le Bien. Et à la suite de ce questionnement, le Midrach nous dit que D.ieu décréta que Moïse ne rentrerait pas en Eretz-Israël. Nous voyons donc déjà la même problématique. La direction divine en Israël se fait par la transformation du mal en bien; Moïse ne fonctionnant pas sur ce modèle, son rôle ne pourra pas être de diriger le peuple dans ce pays.
Alors, pourquoi l’épisode des eaux de Mériva, si le destin de Moïse était déjà scellé depuis l’Egypte? Devant les prières incessantes de Moïse de rentrer en Israël (dans la paracha Vaethanan, on nous donne le compte de 515, comme la guématria de tefila ou de chira), D.ieu lui donne encore une “chance”. Il le met pour cela devant deux épreuves: parler au rocher, et ce devant tout le peuple. S’il arrive à parler, c’est qu’il a intégré la séfira de royauté, qui passe par la parole. Et il doit montrer cela au peuple qui va rentrer en Eretz-Israël, car ainsi ils sauront que Moïse a modifié sa façon de gouverner et qu’il peut les diriger en Israël. Nous voyons donc que D.ieu demande à Moïse que ce dernier soit agréé par le peuple! Et lorsque Moïse les traite de rebelles, le lien est évidemment rompu. Il n’accepte pas que le pouvoir de D.ieu soit entériné par le peuple. Moïse, appartenant au modèle du Visage de Léah, éprouve certaines difficultés à intégrer le Tikoun du monde par le Visage de Rachel, le modèle de la transformation du matériel et du politique en spirituel. Tout, chez Moïse, est de l’ordre de la transcendance, et il ne peut pas adhérer à un modèle qui irait du bas vers le haut.
Ce que demande D.ieu à Moïse en parlant au rocher, c'est de sanctifier la nature et de l'élever au rang de spiritualité. Les Visages de Léah et de Rachel ne sont pas antinomiques, ils doivent au contraire agir de concert pour réaliser le projet divin: réunir le ciel et la terre. Comme le dit le prophète Isaïe (66, 1) "Le ciel est mon Trône, et la terre mon marchepied". Et cette union passe par l'installation de la Royauté de D.ieu en Eretz-Israël, qui s'étendra ensuite au monde entier.


 
 
[1] C'est le Visage de Léah.
[2] C'est le Visage de Rachel.
[3] Le Rav Louria est un contemporain vivant à Jérusalem. Il a écrit ( entre autres) un volumineux commentaire sur la Torah intitulé Bet Gnizai, qui explique la paracha à partir de sources cabalistiques, essentiellement le Ari zal.
 
 
 

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