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VAERA: D.IEU CREATEUR ET
D.IEU REDEMPTEUR
 
La sortie d’Egypte est la base de la foi juive. Nous savons que celle-ci est mentionnée dans toutes les prières, et dans tous les actes de foi de chaque juif, comme le kidouch, ou la lecture du Chéma Israël. De plus, lorsque D.ieu Se révèle à tout le peuple au Mont Sinai, Il Se présente comme Celui Qui a fait sortir Israël d’Egypte, et non comme le créateur du monde (Chemot 20, 1). Pourquoi cette centralité de la sortie d’Egypte, et pourquoi celle-ci a prééminence sur la dimension de D.ieu créateur ?
La réponse nous est donnée au début de notre paracha. D.ieu dit à Moïse que c’est seulement à lui et à sa génération qu’Il Se révèle dans la dimension d’Hachem, du nom tétragrammatique ineffable, alors qu’aux Patriarches, Il n’avait dévoilé que la dimension de El Chaddai. Quelle est la différence entre ces deux noms de D.ieu ? Le second est la dimension divine présente dans la nature, celle qui organise et structure les lois de cette nature que D.ieu a créée. Le nom Elokim connote aussi cette même dimension. C’est pour cela que dans le récit de la création, il n’y a que le nom d’Elokim qui apparaît, et pas le Tétragramme. C’est parce que créer implique forcément assigner des limites au monde, un contour qui nous permettra d'avoir un monde stable et reconnaissable. Or, qui dit limite, dit justice, à l’opposé de la miséricorde divine qui ne connaît aucune limite, aucune fin. Dans l’acte de créér, D.ieu, paradoxalement, « s’éloigne » de Son attribut qui lui est le plus proche, à savoir la bonté et la miséricorde. C’est pour cela que les cabalistes nous disent que l’acte de création s’est opéré dans un « retrait » de D.ieu, le fameux tsimtsoum décrit par le Ari zal dans le Etz Haim. Le monde a été créé par l’attribut de justice. Et c’est cette dimension-là, celle qui s’inscrit dans les limites de la nature, que D.ieu a révélée aux Patriarches. Leur mérite n’en est d’ailleurs que plus grand, car ils ont cru à la dimension supra-naturelle sans que celle-ci ne s’exprime encore dans le monde.
La dimension que D.ieu dévoile à Moïse, puis par la suite à tout le peuple d'Israël, c’est celle du D.ieu intervenant directement dans l’histoire en modifiant les lois qu’Il avait Lui-Même fixés lors de la création. Le nom ineffable de D.ieu, le Tétragramme, est la marque de l’omnipotence divine au sein même de l’histoire des hommes. C’est le signe indélébile de D.ieu s’inscrivant dans la marche de l’histoire pour faire advenir la délivrance, la rédemption. Car tel est le projet divin : si D.ieu a créé le monde, c’est pour que celui-ci fasse apparaître, au bout de sa longue histoire de 6000 ans, la souveraineté et l’unité de D.ieu. Le Ramhal nous explique, dans un raccourci saisissant de par son exactitude et sa portée didactique, les trois buts de la création du monde par D.ieu[1]. Le premier, nous dit-il, est de faire connaître les noms de D.ieu, comme le mentionne le Ari zal au début de "Otzerot Haim": "D.ieu créa le monde pour que l'on connaisse Ses attributs de clément et miséricordieux". Le second but est de prodiguer le bien à tous les êtres du monde. Et ce bien devra s'acquérir par le mérite des hommes, par leur travail dans ce monde-ci, pour que l'accession au bien se fasse par mérite et non par charité. C'est pour cela que le mal existe: pour que l'homme , en s'opposant à lui de par ses actions, gagne ainsi le droit d'être partenaire de D.ieu sur terre, en complétant la création et en la rendant parfaite, pour faire apparaître le bien divin sur terre. La troisième et la plus haute finalité est la suivante: faire apparaître l'unicité et la souveraineté de D.ieu sur tous les hommes, sur tous les événements de tous les temps, et montrer "qu'il n' y a rien d'autre que Lui" (Ein Od Milevado), et qu'ainsi même le mal oeuvrait pour Lui.
La sortie d'Egypte, prototype de toute les libérations futures, doit mettre en évidence cette dimension du D.ieu rédempteur qui se manifestera en plein lorsque les trois buts que D.ieu a assignés à la création seront atteints. Le premier but (faire connaître les attributs de clémence de D.ieu) transparaît à chacune des dix plaies que D.ieu fait subir aux égyptiens. Le texte dit en effet clairement, que le but n'est rien d'autre que de faire savoir que "Je suis Hachem".(par exemple verset 18 du chapitre 8). Avant les plaies, Pharaon savait qu'il y avait un Maître du monde, mais seulement dans le dimension Elokim, c'est-à-dire commandant et régulant la nature. Ce qu'il n'admettait pas, c'était la présence d'un D.ieu transcendant cette nature et la dirigeant au-delà des lois de la physique ou de la biologie. C'est pourquoi il interpelle Moïse en lui demandant : "Quel est l'Eternel (YHVH) dont je dois écouter la parole en renvoyant Israël? Je ne connais point l'Eternel, et aussi je ne renverrai point Israël" (Chemot, 5,2). Et le texte met le nom tétragrammatique dans la bouche de Pharaon, et non Elokim. Après les plaies, il reconnaîtra Hachem dans Sa configuration supra-naturelle en s'exclamant: "Cette fois, j'ai péché: l'Eternel est juste, et c'est moi et mon peuple qui sommes coupables. Implorez l'Eternel qu'il mette un terme à ces tonnerres célestes, à cette grêle" (Chemot, 9, 27-28). Qu'on mesure ici l'étendue de la métamorphose pharaonique: le maître incontesté de toute la terre en idolâtrie, qui se prenait lui-même pour un dieu, admet qu'il s'est trompé. Mieux encore: il demande que Moïse prie en sa faveur auprès de D.ieu pour arrêter les calamités qui tombent sur son pays et son peuple. Le nom de D.ieu est bel et bien reconnu par le monde entier; le premier but est ici atteint.
Le second but est d'octroyer le bien à tous les individus, c'est-à-dire que le mal cesse d'être présent sur terre, et que seule la bonté divine soit manifeste. Cette dimension-là, qui n'apparaîtra à la fin des temps qu'avec le Messie (tel qu'il est prophétisé par Isaie dans le chapitre 9), peut déjà être aperçue lors de la sortie d'Egypte. En effet, après la dernière plaie, celle de la mort de tous les premiers-nés égyptiens, Pharaon ne peut plus réagir: chaque foyer en Egypte s'est vu frappé de cette plaie mortelle. Le tyran égyptien, représentant le mal, est terrassé par la Main de D.ieu. A ce moment précis, qui est le 15 Nissan, l'illumination de D.ieu sur le monde est totale, s'étend sur tous les êtres, et se dévoile sans aucune ombre. Comme le dit le Zohar, la Révélation Divine fut si intense ce soir-là que la nuit se changea en jour, et que toute l'impureté de l'Egypte, qui se trouvait concentrée dans les premiers-nés, ne pouvait que mourir face à une apparition si massive de la Présence Divine. Mais cette révélation s'arrêta au lever du jour, lorsque l'exode commença véritablement. Cette lumière extraordinaire correspond bien au deuxième but de la création: faire jaillir la Lumière Divine, le Bien Divin, sans que le mal puisse contrevenir en quoi que ce soit. Malheureusement, cette lumière n'était pas faite pour durer: elle s'éclipsa dès le crépuscule, allusion au travail que l'homme devra fournir pendant sept semaines (jusqu'au Don de la Torah) pour tenter de retrouver cet éclair fulgurant. Quant à la suite de l'histoire, celle-ci nous prouve que nous devons attendre la fin des six millénaires pour espérer retrouver cette lumière.
Mais le troisième but n'est pas encore atteint. Si le bien règne en maître absolu cette nuit du 15 Nissan, il n'en reste pas moins que Pharaon n'a pas encore reconnu le Bien comme la seule source de tous les êtres sur terre, y compris lui-même. La troisième finalité est en effet que le mal doit reconnaître que sa source est le bien. La conscience de l'unicité et de la souveraineté de D.ieu, que Lui seul dirige tout, ne sera atteinte que lorsque le mal admettra qu'il n' a été et qu'il ne sera toujours qu'au service de D.ieu, même s'il lui semblait qu'il faisait le contraire de Sa Volonté. Cette dimension-là sera atteinte le septième jour de Pessah, lors de l'ouverture de la Mer Rouge. En effet, le Midrach (Pirké de Rabbi Eliezer, chap 42) nous dit que Pharaon, avant d'être enseveli par les eaux, reconnut la toute-puissance de D.ieu en s'exclamant : "Qui t'égale parmi les dieux, Eternel? Qui est comme Toi, paré de sainteté" (Chemot, 15,11)[2].
Nous voyons donc que la Sortie d'Egypte est en quelque sorte "l'avant-première" de la rédemption finale, où les buts de la création arriveront à terme. Et cette finalité est indexée aux noms de D.ieu, le tétragramme étant l'indice de la Bonté Divine, s'exerçant dans une dimension transcendant le temps. En effet, le Nom ineffable peut se décomposer (entre autres possibilités) en la notion d'Etre au passé, au présent , et au futur (J'ai été, Je suis, Je serai). La révélation de ce nom vient bien mettre en exergue que D.ieu domine le temps pour donner l'ëtre. A l'intérieur du nom ineffable, se cache donc (entre autres choses) la dimension de l'Etre sustentateur de tout ce qui a existé, existe et existera. En reconnaissant cette dimension, nous faisons acte de foi de la souveraineté divine sur tout l'univers, et sur tous les événements de tous les temps. Et lorsque le monde reconnaîtra cette souveraineté, on pourra affirmer que l'époque messianique est arrivée.
Et celle-ci n’adviendra que par et pour des êtres libres. Ainsi, c’est justement dans l’acte de libération d’un peuple que le sceau de D.ieu peut le mieux s’accoler. C’est en rendant un peuple d’esclaves le témoin méta-historique de la présence divine dans le monde que D.ieu, dans Sa dimension d’Infini, de bonté et de miséricorde, peut le mieux éclater aux yeux du monde entier. La volonté infinie de D.ieu, telle qu’elle perce dans le Tétragramme, n’est rien d’autre que cela : apporter au monde le Bien Absolu qui permettra à chacun d’approcher l’adhésion à D.ieu, et ainsi d’élever le monde de la matérialité vers une spiritualité parfaite. Et la sortie d’Egypte est l’archétype de ce projet. On comprend mieux ainsi pourquoi il est nécessaire de le rappeler à chaque occasion. Il est le modèle incontournable de la fin des temps.

 
 
[1] Chaaré Ramhal, p 404 (fin du livre "igrot pithé horhma vedaat"), Editions Sifriati, Bné-Braq, 1987
 
[2] Certes, cette dimension suprême sera perdue par la suite, avec la faute du veau d'or. Il faudra alors attendre jusqu'à la venue de David et de Salomon, représentant la royauté d'Israël parfaite, pour retrouver une reconnaissance universelle de D.ieu sur terre.
 
 
 

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