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BECHALLAH OU LA DECHIRURE DU TEMPS
 
Notre paracha raconte le miracle de l'ouverture de la Mer Rouge, ou plus exactement, "la déchirure de la Mer des Joncs" , kryat yam souf. Souf peut se lire aussi sof, c'est-à-dire la fin. Ce "jeu de mots", que fait le Zohar, contient une profonde signification, que nous tâcherons de décrypter dans cet article: comme si la déchirure de cette mer était un signe de la fin, de la fin des temps.
La Hagada voit dans cet événement le plus grand de tous les miracles que D.ieu ait jamais accompli jusqu'à ce jour. En effet, les Sages de la Hagada abondent en exégèses pour prouver que les plaies qui se sont abattues sur les Egyptiens dans la Mer rouge étaient cinq fois supérieures aux plaies de l'Egypte. "Rabbi Yossé le Galiléen dit: "D'où peut-on affirmer que les Egyptiens furent frappés de dix plaies en Egypte, et de cinquante sur la mer? Pour l'Egypte, il est dit: Les magiciens affirmèrent au pharaon: c'est le doigt de D.ieu. Et pour la mer, il est dit: Israël vit la main grandiose que D.ieu avait déployée en Egypte". De combien furent-ils frappés par un doigt?de dix plaies. On peut dès lors affirmer qu'en Egypte ils furent frappés de dix plaies et que sur la mer ils furent frappés de cinquante plaies" (Hagada de Pessah). Nos maîtres ont donc même "quantifié" la grandeur de ce miracle: cinq fois plus que les dix plaies d'Egypte réunies. Mais ce que vient nous enseigner ici Rabbi Yossé le Galiléen, ce n'est pas de "mesurer" les miracles, mais plutôt de nous faire saisir le message divin qui se cache derrière cette "main" de D.ieu qui délivre, comme elle n'a jamais délivré jusqu'alors. Il y a dans cette "vision de la main divine" au bord de la Mer Rouge qui s'ouvre une dimension cosmique qui permettra au peuple d'Israël de conserver la foi jusqu'à l'arrivée du Messie. Le verset ne dit-il pas: " Israël vit la grande main que l'Eternel brandit contre l'Egypte et le peuple craignit l'Eternel; ils crurent en l'Eternel et en Moïse son serviteur" (Chemot 14, 31). A partir de cette vision gigantesque de la déchirure de la mer, et de l'engloutissement de tous les Egyptiens, la foi d'Israël en D.ieu et en son prophète deviendra scellée et inébranlable. Que représente cette main divine pour que la foi d'Israël soit aussi solidement ancrée? Qu'ont-ils vu au bord de cette Mer des Joncs?
Le Ramhal nous révèle que non seulement la Mer s'est ouverte, mais aussi l'échelle du temps. D.ieu leur a permis de voir toute l'histoire de l'humanité, depuis les exils successifs jusqu'à la rédemption finale. Le temps n'est en effet qu'une composante de l'univers créée par D.ieu. Il peut moduler celle-ci à Son gré, et la faire disparaître ou se contracter en fonction des situations qu'Il agence. Cet événement de la déchirure de la Mer Rouge est pour D.ieu le moment adéquat pour "déchirer" devant Son peuple toute la dimension de la temporalité et leur faire voir l'évolution de l'humanité à travers l'histoire. Yam Souf, avons-nous dit, peut se lire aussi Sof, c'est-à-dire la fin. D.ieu choisit pour cela le moment du plus grand miracle, lieu de la plus haute révélation divine dans l'histoire qui ait jamais eu lieu. Car à ce moment, même le mal, Pharaon, reconnaît que c'est D.ieu Qui dirige le monde, en déclarant "qui est comme Toi, parmi les dieux, ô Eternel, qui est comme Toi, merveilleux de sainteté" (voir notre article sur Vaéra): le but de la création est alors atteint. Et c'est par l'intermédiaire de Sa "main" que D.ieu va faire entrevoir à tout le peuple les plus grands secrets de la révélation divine. En effet, "même la servante a vu ce que n' a pas vu le prophète Ezékiel Ben Bouzi lors de l'apparition du Chariot Céleste, de la Merkava", affirme le Midrach. Et cette révélation massive n'est rien d'autre que la Chekhina elle-même, la Présence Divine, qui est appelée aussi Malkhout (Royauté, ou dixième séfira), et qui renvoie à la notion de "main de D.ieu". Pour éliminer d'emblée tout anthropomorphisme, il est clair que D.ieu ne possède pas de main, ni aucun organe susceptible de ressembler au corps humain. Mais comme le dit le Rav Isaac Haver, la main de D.ieu dont parle le texte biblique correspond à une force supérieure, céleste, qui fait intervenir toutes les mains du monde de tous les êtres[1]. Et la main de D.ieu, en l'occurrence, est la force supérieure qui crée l'action dans le monde (de la même façon que la main humaine est ce qui va traduire notre volonté en acte). Et cette action de D.ieu dans le monde s'appelle Chekhina, la Présence Divine qui se révèle ici-bas. Dans la terminologie séfirotique, cette action se manifeste à travers la séfira Malkhout, la dixième et dernière séfira.
La Chekhina est le point de rencontre entre D.ieu et les créatures. Celle-ci est le passage obligatoire , pour toutes les créatures, vers la compréhension divine. Elle est le lien qu’assure D.ieu avec le monde, et c’est par elle que le monde physique peut atteindre son tikoun, sa réparation. C’est dire que tous nos efforts, toute notre étude, toutes nos mitzvot ne doivent tendre que vers un seul et même but : réparer la Chekhina pour qu’elle s’élève et qu’elle nous élève vers les plus hauts sommets du Divin, décrits par les cabalistes comme le Kéter (la Couronne), la première des séfirot. Il s’agit là d’une idée fondamentale dans la cabale : on ne peut accéder aux plus hauts degrés que si on a intégré en soi les degrés inférieurs. Et grâce à cette intégration, on peut transformer ces degrés inférieurs en degrés supérieurs. Ainsi, la Royauté peut s’élever jusqu’à la Couronne et ne faire plus qu’un avec elle. C’est le secret de la restauration de la Présence Divine. Comment cela s’effectue-t-il ?
L'ouverture de la Mer Rouge est l'archétype de cette élévation et de cette union entre Malkhout et Keter. D.ieu a effacé tous les écrans qui existent entre la Chekhina et les créatures pour leur livrer les secrets du Chariot Céleste. Et ce rapprochement inoui de D.ieu avec Son peuple se manifeste par l'effacement du temps, et la révélation des événements futurs. Un exemple nous est en donné dans la Chira, le Cantique de la Mer, qui fait allusion aux trois Temples de Jérusalem. Le premier Temple apparaît en filigrane dans le verset 2: "Voici mon D.ieu, je veux le célébrer (véanevehou)". Onqelos traduit véanevéhou par naveh, qui signifie demeure, dans le sens "je veux lui construire un Temple" (voir Rachi sur ce verset). Le second Temple apparaît, lui, dans le verset 13: "Tu le diriges, par Ta puissance, vers la demeure de Ta sainteté". Le troisième Temple est mentionné à la fin de la Chira, dans le verset 17: "Tu le feras venir et tu le fixeras sur la montagne de ton héritage, demeure pour ta résidence que tu as faite , ô Seigneur . Sanctuaire, ô Seigneur, édifié par tes mains". Rachi nouis fait remarquer que ce Temple sera construit avec les deux "mains" de D.ieu, alors que les deux premiers Temples ne l'étaient qu'avec une seule main divine. Cela signifie que pour les deux premiers temples, il a fallu le travail de l'homme pour compléter le projet divin. Dans le cas du troisième Temple, celui-ci descendra du ciel prêt. Et cette œuvre entièrement divine sera pour l'éternité.
Nous voyons tout au long de cette paracha l'importance de cette main divine. C'est elle qui a fait le miracle de la déchirure de la Mer rouge, qui était aussi la déchirure de la temporalité, et c'est encore elle que nous voyons à l'œuvre pour la réalisation de la Présence Divine sur terre, le Mikdach. Ce miracle est vraiment le plus grand: il transcende le temps et l'espace pour nous projeter dans l'idéal messianique de la fin des temps et de la révélation divine sur terre. Et ceci apparaît justement dans la Chira, qui vient signifier la chute du mal par D.ieu Lui-même. Les dernières forces du mal succombent dans la mer, Pharaon lui-même reconnaît que D.ieu est le Maître du monde[2], alors peut advenir la rédemption finale.
 Il en ira de même pour la rédemption de la fin des temps, nous dit le Ramhal dans Daat Tvounot. Avant l'arrivée du Messie, il y aura une recrudescence du mal pour permettre au bien de mieux faire éclater a contrario sa lumière: "La cause essentielle de l'existence du mal dans la direction du monde est la révélation de l'Unité, qui nécessite dans un premier temps de dévoiler le mal et de le laisser faire tout ce qui est dans sa nature, afin de démontrer ensuite l'Unité de Son gouvernement par la transformation du mal en bien. Pour cette raison, le Souverain se cache et voile Sa Face, et laisse le mal s'amplifier jusqu'à la dernière limite possible, c'est-à-dire jusqu'à la quasi-destruction du monde. Cette situation donnera alors un sens extrême à la révélation de Son Unité dévoilée. En réparant les détériorations du mal par Sa Souveraineté, la lumière sera dévoilée à partir de l'obscurité"[3].
 
 

[1] Rav Isaac Haver, Pithé Chéarim, Netiv Igoulim veyocher, petah 1." Tous les détails de toutes les forces du monde entier sont représentées par le micocosme humain, et sont appelées des noms des organes humains. Car ces noms (des organes humains) sont empruntés au registre des forces suptérieures, qui agissent sur ces organes pour leur donner vitalité"
 
[2] Voir notre article sur Vaéra, où nous apportons le Midrach deRabbi Eliézer qui dit que Pharaon a déclaré avant de mourir: "Qui est comme Toi parmi les dieux, qui est comme Toi, paré de sainteté" c'est-à-dire que le mal, personnifié par Pharaon, a reconnu qu'il était au service de D.ieu, même s'il croyait agir à l'encontre de Sa Volonté.
 
[3] Rabbi Moïse Haim Luzzatto (Ramhal). Daat Tvenout. Les voies de la Direction Divine. Traduction M Chriqui et D Cohen, Editions Ramhal, 2002, p 383
 
 
 

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