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BO : LES DIMENSIONS CELESTES
DES DIX PLAIES
 
Notre paracha est celle de la délivrance à proprement parler. On y voit le peuple d'Israël quitter pour toujours l'Egypte, et commencer la marche vers la liberté qui les amènera au pied du Mont Sinai pour recevoir la Torah. Mais pour atteindre ce sommet, il aura fallu d'abord passer par les dix plaies. Celles-ci se divisent en deux: les sept premières contenues dans la paracha Vaéra, et les trois dernières dans notre péricope. Cette séparation n'est évidemment pas arbitraire (comme tout le reste dans la Torah). Le chiffre 10 est dans la pensée juive un élément fondateur: il vient signifier les dix paroles avec lesquelles D.ieu a créé le monde (les dix "maamarot"), et les dix "commandements", le Décalogue révélé au Mont Sinaï[1]; dans le monde cabalistique, il renvoie aux dix séfirot. Il y a entre ces trois catégories de dix éléments (les dix maamarot, les dix plaies, et les dix commandements) un lien ontologique représenté par les dix séfirot, qui font passer le monde d'un élément à un autre en vue d'une toujours plus grande révélation de l'unité divine. En effet, par les dix paroles créatrices de D.ieu, il y a passage du néant à l'existence du monde de la nature; puis par les dix plaies, D.ieu montre qu'Il peut annuler ces mêmes lois qu'Il a créées; ainsi, il peut y avoir accès à un eplus haute révélation de D.ieu, la Torah. Mais explicitons ce que signifient ces concepts de séfirot.
La notion des dix séfirot apparaît déjà dans le plus ancien livre de Cabale que nous possédions, le Sefer Hayetsira (le livre de la création), attribué par la Tradition au patriarche Avraham lui-même. La première Michna de ce livre énonce: "Par trente-deux voies mystérieuses de sagesse, D.ieu a créé le monde….Ce sont les dix nombres primordiaux, et les vingt-deux lettres de l'alphabet". Les dix nombres primordiaux sont les séfirot, comme le texte l'explique dans la suite du livre, et elles sont, avec les lettres de l'alphabet hébreu, ce qui a permis la création du monde. Toute la littérature cabalistique, sans exception, va faire des dix séfirot la pierre angulaire de toute la création, et le mode de fonctionnement de tous les existants. Séfira a en effet comme origine étymologique sfor, qui signifie compter, délimiter. Or c'est en créant des limites stables et définies que D.ieu crée le monde. Les lois de la nature ne sont rien d'autre que cela: assurer au monde un fonctionnement fixe, reproductible et prévisible, de sorte que l'homme puisse organiser sa vie à partir de ces lois. Les séfirot sont donc les instruments par lesquels D.ieu va créer et régir Son monde, puisqu'elles représentent des entités finies, presque "mesurables" (d'après leur sens étymologique) qui vont permettre à l'Infini Divin de pénétrer dans le monde du fini humain. Elles sont les intermédiaires entre l'Infini et le fini.
 Les séfirot sont bâties sur trois lignes (droite, gauche, milieu), et l'on a pris l'habitude de parler d'arbre séfirotique. Les séfirot sont divisées (entre autres possibilités, mais c'est celle exposée ici qui est pertinente pour notre propos) en deux groupes: les trois premières, et les sept dernières. Les trois premières sont: Keter, ou couronne; Hohma, ou intelligence suprême; et Bina, ou discernement. Avant de voir plus en détail les significations de ces trois premières séfirot, il faut savoir que leur point commun –et c'est la raison pour laquelle on les regroupe ensemble- est qu'elles sont très proches de l'Infini Divin, et n'ont pas besoin de "réarrangements[2]"[3], à l'opposé des autres sept séfirot inférieures. Les séfirot sont composées chacune d'une lumière et d'un réceptacle, pour contenir cette lumière. En effet, la lumière provient directement du rayonnement de D.ieu, qui arrive dans le monde de la matérialité sous la forme d'un rayon, le "kav" (voir notre article sur Béréchit). Pour appréhender un peu de cette lumière infinie, il faut la faire rentrer dans un réceptacle; c'est le kéli de chaque séfira, qui provient de l'espace vide, le "réchimo", que D.ieu a instauré après s'être retiré de cet espace. Cet espace, qui ne contient que la "réminiscence" de la Présence Divine, sera l'origine de tous les existants matériels , du corps de l'homme jusqu'à la pierre, alors que le kav donnera le seul élément relevant directement du divin dans le monde matériel, à savoir l'âme humaine, la néchama. Les séfirot apparaissent donc dès le début de la création, et vont être constituées de ces deux éléments qui semblent contradictoires l'un avec l'autre, mais qui en fait se complètent pour qu'il y ait une conjonction possible entre le spirituel et le matériel, la lumière et le réceptacle, "or vékéli"[4]. Les séfirot seront donc comme le "patron", la structure première à partir de laquelle tous les existants vont prendre forme, au fur et à mesure de leur apparition, d'abord dans le monde spirituel, puis dans le monde matériel[5].
Il nous semble qu'on peut établir un parallèle entre les dix séfirot et les dix plaies, comme le fait par exemple le "Maguid Mecharim"[6]. Tout d'abord, le chiffre en soi est plus qu'une allusion au parallèle entre les deux concepts. Ensuite, on trouve, à propos des dix plaies, la racine sfor (de séfira), qui signifie aussi raconter: " J'ai endurci le cœur de Pharaon, afin que je place mes signes (c'est-à-dire les plaies) au milieu d'eux, et afin que tu racontes (tesaper) à ton fils, à ton petit-fils, ce que j'ai fait aux Egyptiens… et vous saurez que je suis l'Eternel" (Chemot, 10, 1-2). Dans ce verset, d'après l'enseignement du Maguid Mecharim, sont associées les notions de plaies et de séfirot, même si ce n'est qu'au niveau allusif (remez). De plus, la subdivision des dix plaies entre les sept premières, qui sont rapportées dans la paracha Vaéra, et les trois dernières, insérées dans notre paracha, est également suggestive des dix plaies. Nous avons déjà mentionné que les trois premières séfirot sont d'un autre ordre que les sept dernières. Elles sont très proches de l'Infini Divin, et font référence à des dimensions hautement spirituelles, entièrement célestes. Ainsi, la troisième séfira[7], la Bina, qu'on traduit par "discernement", est associée au principe de tchouva, de repentir profond et entier. Le Zohar définit ainsi la séphira bina: " Prenez avec vous des paroles et retournez à D.ieu, (dit le prophète Osée), c'est la Tchouva qui est la séfira Bina" (Zohar Bamidbar, p 122b). Ce parallélisme entre la troisième séfira et la tchouva se retrouve aussi dans la huitième plaie, celle des sauterelles. En effet, c'est à la suite de cette plaie que Pharaon va demander pardon: "Pharaon, en toute hâte, manda Moïse et Aaron et leur dit: "J'ai péché contre l'Eternel votre D.ieu (Hachem) et contre vous. De grâce, pardonne ma faute, cette fois seulement, et suppliez l'Eternel votre D.ieu qu'Il retire de moi, à tout prix, ce fléau" (Chemot, 10, 16-17). Pharaon reconnaissant ses fautes et demandant pardon! De la part d'un non-juif, on ne peut demander plus concernant le repentir. C'est donc la huitième plaie, correspondant à la troisième séfira, qui aura amené la dimension de repentance, de tchouva à Pharaon et par extension, au monde dans sa totalité.
La plaie suivante est celle des ténèbres. Dans le parallèle que nous avons établi, elle correspond à la séfira hokhma, qui est l'intelligence suprême, première, qui fera naître tous les existants en s'associant à la séfira Bina. Le Zohar y fait correspondre la Torah, principe premier du monde, grâce auquel le monde a pu prendre forme, comme le dit le Midrach Rabba: "D.ieu, pour créer le monde, a contemplé la Torah, comme un architecte s'inspire de son plan avant de construire une maison" (Béréchit Rabba 1,1). La Torah est en effet la Hokhma de toutes les autres formes d'intelligence; elle est la lumière première qui va éclairer toutes les autres formes de compréhension du monde. Il est donc logique que contre cette lumière primordiale, D.ieu fasse régner les ténèbres parmi les Egyptiens, pour qu'ils comprennent Qui est le vrai Dispensateur de la lumière. D'autant plus que les Egyptiens vénéraient le soleil comme un dieu, le dieu Osiris. En faisant éclipser par Sa volonté la lumière du soleil, D.ieu montre au monde entier que la vraie source de la lumière n'est rien d'autre que Lui, et qu'il la dispense par le biais de Sa Hokhma, la Torah.
Puis vient la dernière et la plus terrible des plaies, la mort des premiers-nés qui frappa chaque foyer égyptien. Celle-ci correspond donc à Keter. Cette séfira est la plus proche de l'Infini Divin; certains cabalistes l'omettent même de l'arbre séfirotique pour l'accoler à la Source Divine Elle-Même et la déconnecter ainsi des formes de la Volonté Divine que représentent les séfirot. C'est dire sa dimension céleste. Elle représente donc la vie même, non plus les formes de sagesse et de discernement que prendra la Volonté Divine, mais le noyau le plus proche de l'Origine même de la vie et de tous les existants. L'analogie a contrario avec la mort des premiers-nés est donc maintenant claire: c'est par la force de la vie elle-même que D.ieu ôte la vie à tous ceux qui ne reconnaissaient pas Sa souveraineté sur l'octroi de la vie aux êtres.
 
De par cette correspondance, le texte biblique met en exergue un principe fondamental de la cabale: ce que D.ieu a créé dans le monde du bien, il l'a créé en parallèle dans le monde du mal: "D.ieu a fait correspondre l'un à l'autre (zé léoumat zé assa Elokim)" (Ecclésiaste 7, 14) . Le Ramhal nous enseigne qu'il existe deux systèmes que D.ieu a créés dans le monde: celui du bien et celui du mal. Et la gloire de D.ieu n'éclatera aux yeux du monde que lorsque celui-ci , dans sa totalité, aura intégré et admis le principe de l'unicité de D.ieu, c'est-à-dire qu'Il est la Source de tout, du bien et du mal, et lorsque "l'ange du mal se prosternera devant D.ieu", c'est-à-dire lorsque le mal se transformera en bien.
 
[1] On trouve en effet dans le récit de la création du monde (premier chapitre de la Génèse) dix fois "et D.ieu dit" qui font intervenir dix actes créateurs. La parole divine est créatrice, c'est elle qui insuffle la vie à tout ce qui existe. Cette idée des dix paroles créatrices est reprise dans le Traité des Pères (5,1) qui énonce que Dieu créa le monde par dix paroles pour donner du mérite aux sages d'Israël. Ces dix paroles sont aussi à mettre en parallèle avec les dix "commandements" donnés par D.ieu au Mont Sinai.
 
 
 
[3] Par réarrangement, nous faisons référence à la notion lourianique de brisure des réceptacles et de leur réarrangement après la brisure. Le Ari zal développe en effet longuement, dans sa théorie de la création du monde exposée dans le "Otzerot Haim", comment les réceptacles des séfirot ont connu un éclatement, puis un réarrangement. Ce ne sont que les sept séfirot inférieures qui ont traversé cet événement, les trois premières étant dès l'origine parfaites, et n'ont donc pas eu besoin de passer par le stade de la brisure pour être ensuite restructurées et réarrangées selon un autre ordre.
Le Ramhal explique que la brisure des réceptacles provient du désir de ces derniers de "régner" sur les lumières, en d'autres termes de vouloir une totale autonomie de la nature par rapport à la lumière créatrice de D.ieu .
 
[4] Par réceptacle, il ne faut pas voir un "vase" dans lequel on enfermerait un peu de lumière divine, mais plutôt le principe de limitation qui permettrait d'isoler une parcelle de la lumière divine, un peu comme un écran qui nous permettrait de fixer quelques images d'un film qui tournerait à très grande vitesse.
Pour le Ramhal, le kéli se définit comme l'idée de la fonction.
 
[5] Cette apparition enchaînée de tous les éléments existants est ce que les cabalistes appellent la "hichtalchelout" ou enchaînement progressif . Il existe en effet une chaîne ininterrompue, qui va de la lumière infinie émergeant du "tsimtsoum" jusqu'à notre monde matériel, en passant par Adam Kadmon, les séphirot, les quatre mondes, contenant chacun à leur tour les dix séphirot. (Il existe donc quatre séphirot de malkhout, par exemple, une dans chacune des quatre mondes: malkhout de Atzilout, malkhout de Bria, malkhout de Yetsira, et malkhout de Assia). Voir appendice 1, reproduisant le diagramme de Otzerot Haim sur la création des mondes supérieurs.
 
[6] Maguid Mecharim, du Rav Yosef Karo. Commentaires sur la paracha. Parachat Bo.
 
[7] Si on établit la correspondance entre les séphirot et les plaies de haut en bas, nous obtiendrons les parallèles suivants: malkhout avec le sang; yesod avec les grenouilles; hod avec la vermine; netzah avec les bêtes sauvages; gvoura avec les ulcères; hesed avec la grêle; bina avec les sauterelles; les ténèbres avec hokhma; la mort des premiers-nés avec kéter.
 
 
 

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