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VAYICHLACH : LE COMBAT DE JACOB
OU L’UNIFICATION DU CIEL ET DE LA TERRE
 
Dans notre paracha, Jacob revient de son long exil de Padan Aram, et se prépare à rencontrer son frère Esav. Rachi nous enseigne que Jacob s’y est préparé de trois façons différentes : par des cadeaux, par la prière, et par la guerre (Rachi sur Béréchit 32, 9). Et avant cette rencontre tant redoutée par Jacob, celui-ci traverse le gué de Jaboc, dépose sa famille de l’autre côté du torrent, puis, sans raison apparente, retraverse le gué en sens inverse, et y demeure seul la nuit. C’est lors de cette nuit qu’un ange l’attaqua, et le blessa à la hanche.
Le Midrach nous révèle qu’il s’agissait de l’ange d’Esav. Le combat que Jacob redoutait eut donc lieu, mais par l’intermédiaire d’un ange. Que vient nous signifier ce combat des plus étranges, un homme contre un ange ? Et pourquoi, comme introduction à ce récit, la Torah nous précise-t-elle le lieu du combat, Jaboc ? Et pourquoi Jacob est-il revenu sur ses pas pour rester seul toute la nuit ?
Cet épisode insolite cache évidemment une profonde signification. Si la Torah décrit pendant dix longs versets ce combat avec l’ange, c’est que ce récit est porteur d’un message fondamental qu ‘il nous faut décrypter. De plus, il va engendrer un changement d’identité chez Jacob, puisque l’ange l’appellera Israël à l’issue de la victoire du patriarche. C’est dire que cette lutte représente un tournant dans l’histoire du peuple juif, en gestation chez Jacob.
Le Midrach nous dit que cet ange couvrait le tiers du globe terrestre. Cette métaphore n’est évidemment pas à prendre au pied de la lettre (ce serait presque un non-sens de le faire, puisque par définition un ange n’a pas de contour physique, et ne peut donc pas couvrir une entité physique qu’elle qu’elle soit), mais vient nous signifier que l’ange d’Esav possédait un pouvoir immense, qui s’étendait sur un tiers de la planète. (Ce midrach est d’ailleurs fort prémonitoire, puisque les chrétiens, descendants d’Esav par l’intermédiaire de Rome, représentent aujourd’hui près d’un tiers de la population mondiale.) Le combat qui se déroule entre l’ange d’Esav et Jacob a donc une portée méta-historique : il vient préfigurer les différences principielles qui opposeront la vision juive du monde à celle du monde occidental. Quelles sont ces oppositions, et en quoi les détails relatifs à ce combat sont autant d’allusions à ces différences conceptuelles ?
Comme nous l’avons vu dans la paracha Toldot, Esav est, d’après le plan idéal d’Isaac, celui qui aurait dû prendre en charge la matérialité et l’élever vers la spiritualité représentée par Jacob. Mais Rivka comprit très vite qu’Esav n’était pas capable d’ assumer ce rôle dans l’histoire, et que c’est Jacob seul qui aurait la charge de la matérialité et de la spiritualité. Le combat de l’ange avec Jacob n’est que le dernier sursaut des forces représentées par Esav pour conserver malgré tout le contrôle de la matérialité dans ce monde, et surtout dans son rapport avec la spiritualité. Esav, en tant que personne physique, a déjà perdu ce contrôle, puisque la bénédiction d’Isaac a été donnée à Jacob. Alors il envoie son ange, forme supérieure de tous les pouvoirs qu’Esav peut détenir[1]. Ce combat préfigure donc la lutte trans-historique du peuple juif avec toutes les forces représentant les autres cultures, celles qui vont donner la suprématie à la matérialité. Esav est en effet celui qui chasse, celui qui veut assujettir le monde de la matérialité à sa volonté. Ce désir peut être en soi positif, mais à condition qu’il soit soumis à un idéal supérieur, celui de la sainteté. En effet, si D.ieu a créé le monde matériel, ce n’est pas pour nous en dissocier, mais au contraire pour l’associer au monde de la sainteté, l’élever vers les sphères supérieures. Travailler le monde de la matérialité est donc en soi une chose positive, mais à la condition que ce travail ait pour but de l’intégrer dans le monde de la spiritualité.
C’est ce que vient révéler en filigranes le combat de Jacob avec l’ange : dompter l’extériorité du monde pour l’insérer dans l’intériorité, dans la spiritualité qui en deviendra vivante. En effet, une spiritualité dénuée de matérialité, coupée du monde de la réalité, n’est qu’une vaine bénédiction, un souhait qui restera lettre morte. Si l’homme voit dans son corps une prison, une entrave à l’ascension vers la spiritualité, il vivra une vie « schizophrène », c’est-à-dire séparée en deux par une frontière indépassable ; d’un côté le monde de la réalité, du matériel , du travail, et de l’autre l’univers du sprituel, de la « vérité », ces deux mondes n’ayant pour lui aucun point commun. C’est justement le projet de Jacob de relier ces deux mondes pour qu’ils ne fassent plus qu’un, et cette tentative de syncrétisme est symbolisée par son combat avec l’ange d’Esav, l’ange de la matérialité.
Le nom de Jaboc, le lieu du combat, est évocateur de cet enjeu quasi-cosmique. Cosmique, car il s’agit de savoir qui, d’Israël ou des nations, dominera dans ce monde pendant tout le temps de l’histoire. Jaboc porte la guématria de 112 (י בק ) qui correspond aussi à la somme numérique de deux noms divins, le Tétragramme et Elokim ( 26 et 92, respectivement). Or ces deux noms sont deux configurations divines représentant respectivement D.ieu transcendant la nature (le Tétragramme), et D.ieu créateur, fixant les lois de cette nature (Elokim). Ces deux dimensions divines font pendant aux deux dimensions qui nous occupent dans cette paracha, à savoir l’extériorité et l’intériorité, le matériel et le spirituel. En fixant le lieu du combat à Jaboc, Jacob marque d’entrée de jeu le but de cette lutte : pouvoir réunir les deux aspects de la direction divine dans le monde , l’aspect purement spirituel, et l’aspect enchassé dans le matériel, venant élever, « corriger » le matériel vers des sphères spirituelles.
Il est remarquable de noter que ce combat eut lieu lors du retour de Jacob en Eretz-Israël. Le texte semble nous dire que cette tentative de réunion des deux mondes ne peut se faire qu’en Israël, lieu de rencontre par excellence du monde de la spiritualité avec celui de la réalité.
La motivation du retour de Jacob sur ce lieu, alors qu’il avait déjà fait franchir le gué à toute sa famille et ses biens, est aussi révélatrice de ce projet. Le Talmud nous dit en effet que Jacob revint sur ses pas pour chercher de petits ustensiles (Traité Houlin 91a) ; et la Guemara de s’étonner : pourtant la Torah nous dit qu’il avait déjà fait franchir le gué à tous ses biens, puisqu’il est écrit (32, 24) : « il fit passer ce qui était à lui » ; tous ses biens, sauf ces quelques menus ustensiles, ceci pour nous apprendre, conclut Rabbi Elazar, « que les justes attachent plus de valeur à ce qu’ils possèdent qu’à leur personne. Et pourquoi ? Parce qu’ils répugnent à l’idée du vol ».
Cette histoire semble des plus étranges. Jacob se serait mis volontairement en danger pour récupérer quelques objets ? Ceci est en contradiction flagrante avec la Halakha qui prescrit le devoir absolu de tout faire pour conserver sa vie et sa santé, y compris transgresser toutes les lois de la Torah (Lois sur Pikouakh Nefech, Shoulhan Aroukh). La répugnance à l’idée du vol serait-elle plus forte que la sauvegarde de la vie humaine ?
La Guemara vient nous enseigner un profond message : Jacob savait que le combat avec l’ange d’Esav était inévitable, car celui-ci ne pourrait pas renoncer à la domination du monde matériel sans une lutte farouche. Les petits ustensiles pour lesquels Jacob se met en danger viennent symboliser la matérialité dans sa totalité, et Jacob sait que la lutte pour celle-ci entraînera au cours de l’histoire des guerres sans fin, causant des millions de victimes. Il est alors prêt à se mettre personnellement en danger, si à la suite du combat, il peut diriger le monde de la matérialité et ainsi éviter, peut-être, des effusions de sang dans la suite de l’histoire. L’enjeu est donc bel et bien cosmique.
Et le combat se déroula toute la nuit. Cette longue nuit représente la nuit de tous les temps, à travers tous les siècles de guerres, d’exactions et de souffrances de l’humanité, et en son centre, Israël. Il est en effet notoire qu’Israël, à travers l’histoire, fut le peuple qui servit le plus souvent de bouc émissaire face aux désirs de conquête des peuples assoiffés de pouvoir. Alors, certes, Jacob finit par vaincre sur cet ange de la matérialité, et cela va même entraîner une mutation d’identité : Jacob deviendra Israël, Israël signifiant « celui qui a résisté face aux pouvoirs ». Mais cette victoire ne va pas sans mal. Il faut d’abord traverser toute la nuit, qui comme nous venons de le voir, représente tout le temps de l’histoire, à savoir les 6000 ans qui vont de la création du monde à l’arrivée du Messie. Mais en plus, Jacob sort de ce combat blessé ; blessé à la hanche gauche, nous dit le Zohar . Cette blessure représente aussi une clé importante à la compréhension de l’histoire. La hanche est en effet le lieu des engendrements. Et les engendrements sont exactement le lieu de rencontre du monde matériel et du monde spirituel. C’est par un acte physique, dans l’union entre un homme et une femme, que va être possible l’engendrement d’une nouvelle génération, qui aura la charge de véhiculer les valeurs transmises par les parents. Le juif a pour tâche dans le monde de perpétrer ces valeurs de génération en génération, pour donner un sens à l’histoire. Le combat du monde juif est justement de lutter pour que l’histoire soit celle des engendrements, c’est-à-dire la transmission des valeurs de la Bible d’une génération à une autre, et non l’histoire des nations telle que la voyait Hegel, faite de luttes pour le pouvoir, l’argent, bref la matérialité. Jacob se met en danger pour tout cela. Il finira par triompher, mais blessé dans sa lutte pour les engendrements. L’histoire sera celle des nations, du matériel. Mais la victoire du spirituel sur le matériel n’est qu’une question de temps. Lorsque les premières lueurs du crépuscule apparaîtront, Israël, celui qui a survécu à tous les pouvoirs, renaîtra de ses cendres pour faire advenir le programme divin, celui de l’équité, de la justice, et de la perfection: union du ciel et de la terre…

 
 
[1] Il nous faut ici expliquer cette « angiologie », ou science des anges. Pour un esprit rationnel, rien n’est plus difficile à admettre que ces forces spirituelles dénuées de corps, dépeintes par l’iconographie chrétienne avec deux ailes, et qui virevoltent autour du trône divin pour accomplir les missions assignées par D.ieu. Cette vision enfantine est étrangère au monde de la Torah écrite et du judaisme. Les anges, s’ils apparaissent maintes fois dans les textes du canon biblique, ne peuvent pas être décrits sous quelque forme que ce soit.(Ce besoin de transformation d’un concept biblique en une image est propre à la culture chrétienne). Les anges peuvent être définis comme des forces spirituelles servant d’intermédiaires entre D.ieu et le monde de la matérialité. Sachant qu’il existe en effet trois mondes distincts à travers lesquels se propagent les influx divins, les anges sont situés dans le monde médian –le monde de la Yétsira, de la Formation, dans la terminologie lourianique- et permettent la communication des flux divins jusqu’à nous, tout comme le cerveau transmet, par l’intermédiaire du système nerveux périphérique, les messages et les influx nerveux aux divers organes.
 
 
 

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