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VAYKHEL-PEKOUDE-CHEKALIM:
LE NOMBRE, FONDEMENT DU MONDE
 
Les deux péricopes qui clôturent Chemot, le livre de l'Exode, sont consacrées de nouveau au Tabernacle. Après avoir dressé le programme d'édification du Tabernacle dans les parachiot Trouma et Tetsavé, la Torah réitère tous les détails de la construction dans ces deux dernières péricopes. Dans l'entre-deux, se trouve l'épisode du veau d'or. Certains commentateurs y ont vu la raison de ce qui semble une répétition. D.ieu ordonne de nouveau l'édification du Tabernacle, pour bien montrer qu'il viendra maintenant comme réparation de cette faute de l'idolâtrie. Le Midrach Tanhouma ne voit même dans le Tabernacle que cette seule fonction: corriger la faute du veau d'or. Cette dimension est certainement exacte, mais si la Torah, si avare en général en explications, a répété l'ordre et le détail du Tabernacle, c'est que celui-ci revêt probablement une double signification: d'une part la correction de la faute du veau d'or, et d'autre part une dimension "a priori", où la Présence Divine sur terre se manifeste en plein. Le rôle du Tabernacle, puis du Temple de Jérusalem, est d'abord de faire éclater le Divin aux yeux de tous, dans le monde de la matérialité, et cela passe par la consécration d'un endroit particulier, le Mont du Temple à Jérusalem, où l'on pratique des sacrifices en l'honneur de D.ieu, le but des sacrifices étant d'élever, d'approcher tous les existants vers leur Créateur.
 
En plus de cette double dimension traduite par la "répétition" de l'édification du Michkan, nos parachiot apportent des sujets nouveaux, comme par exemple le lien entre le Temple et le Chabbat, qui apparaît dans les premiers versets de Vayakhel:" Moïse fit assembler toute la communauté des enfants d'Israël et leur dit: "Voici les choses que l'Eternel a ordonné d'accomplir. Pendant six jours on se livrera au travail, mais au septième jour vous aurez une solennité sainte, repos complet en l'honneur de l'Eternel; quiconque y accomplira un travail mourra. Vouis n'allumerez de feu dans aucune de vos demeures le jour du Chabbat" (35; 1-3). Cette conjonction du Chabbat et du Tabernacle recèle un profond secret, comme nous l'avons mentionné dans notre article sur Trouma. En effet, le Chabbat est la sanctification du temps et le Tabernacle celle de l'espace. En arrêtant nos activités matérielles le Chabbat, nous sanctifions, c'est-à-dire nous mettons "à part" le septième jour, par rapport aux six jours de la semaine, pour en faire un moment privilégié où nous chercherons à nous rapprocher, à "adhérer" à D.ieu. Cette adhésion n' a rien de mystique, répétons-le, mais elle est le fruit d'un engagement moral et d'une étude approfondie de la Torah. Cet engagement se traduit d'abord par un respect scrupuleux des mitzvot, signe que l'homme accepte le joug imposé par D.ieu à Son peuple. Cette acceptation vient entériner la valeur morale qui est certainement à la base de tout l'édifice de la Torah: l'humilité de l'homme face à son Créateur. Le début et le fondement de la foi se joue autour de l'acquisition de cette "midda": c'est en se comprenant et en intégrant son humanité comme être créé, c'est-à-dire second par rapport à D.ieu, que l'on pourra atteindre l'humilité. Ainsi faisant, respecter la Parole de son Créateur sera chose quasi-naturelle. A ce travail de "mesure" sur soi, de middot, doit s'ajouter celui, incessant également, de l'étude de la Torah. Car ça n'est que par l'éclaircissement du message divin délivré par la Torah que l'on pourra être en accord avec la Volonté divine. L'étude commence par un travail intellectuel, et s'il est accompagné d'un réel désir de s'approcher de D.ieu, se verra couronné par une "compréhension" méta-intellectuelle, méta-physique, qui est de l'ordre de l'imaginaire, de l'esprit saint, d'une parcelle de prophétie, proches de la Volonté Divine[1].
Par ce double travail moral et intellectuel, l'homme se sanctifiera et sanctifiera le temps, le point culminant en étant le Chabbat. Nous avons donc ici la sanctification de deux des dimensions de la création: l'être et le temps. Reste à sanctifier la troisième composante, telle qu'elle est décrite par le Séfer Hayetsira[2]: l'espace. C'est le rôle dévolu au Temple. Nous comprenons mieux maintenant la conjonction du Chabbat et du Temple dans le début de la paracha Vayaqhel. Il s'agit, après la faute du veau d'or, de réaffirmer que toute la création n’a pas d'autre but que d'être le révélateur de Dieu Un sur terre, et que ce travail de sanctification est encore possible, malgré la chute entraînée par cette faute. Non seulement la sanctification du monde et des êtres est encore possible, mais D.ieu va révéler, grâce à la mitzva du demi-Shékel, comment l'homme peut se rapprocher de Lui.
La mitzva du demi-shékel est énoncée au début de la paracha Ki-Tissa: "L'Eternel parla à Moïse en disant: "Quand tu feras le compte des enfants d'Israël selon leur nombre, chacun d'eux paiera au Seigneur le rachat de sa personne lors du dénombrement, et il n' y aura pas de peste parmi eux quand on les dénombrera. Ceci ils donneront tous ceux qui seront compris dans le dénombrement, la moitié d'un shékel, selon le shékel du sanctuaire… Et ce sera pour les enfants d'Israël un souvenir devant le Seigneur, pour faire expiation sur vos personnes"(Chemot, 30, 11-16).
Cette mitzva du demi-shékel, consistant donc à dénombrer indirectement tout le peuple, va remplir plusieurs rôles. Tout d'abord, une fonction d'expiation, comme le dit explicitement le texte. Les Maîtres précisent: pour le veau d'or (voir Rachi sur le verset). Ce lien entre l'expiation de la faute du veau d'or et le don d'un demi-shékel étonna profondément Moïse: quel peut être le rapport entre un don d'argent et la faute de l'idolâtrie? C'est alors que "D.ieu lui montra une pièce de feu, sortie de dessous le Trône de gloire"(Yalkout Chimoni, Chemot, 365). Moïse, l'homme de justice par excellence, ne pouvait admettre a priori qu'une faute aussi grave que celle de l'idolâtrie puisse être pardonnée par le seul don d'argent. Et c'est pour cela que D.ieu lui montra une pièce de feu qui sortait de l'endroit le plus élevé qui soit, Son Trône de gloire. Car le pardon de D.ieu fait intervenir une dimension autre que la justice stricto sensu: la miséricorde infinie. Et si la pièce est de feu, c'est pour mettre en évidence que l'amour de D.ieu pour Israël est brûlant comme une flamme qui s'élève toujours plus haut[3]. L'amour de D.ieu pour Israël est comme un feu inextinguible qui brûle toujours plus fort, et ce même après des graves fautes comme celle du veau d'or. "Israël, bien qu'il ait fauté, reste Israël" dit le Talmud. Cet adage va évidemment à l'encontre du principe de justice absolue. Et si D.ieu donne à Isarel la mitzva du demi-shékel justement après la faute du veau d'or, c'est pour bien montrer que Son amour pour lui est inconditionnel, "ne dépend pas de quelque action que ce soit", pour reprendre la formule des Pirkei Avot (Ahava ché lo tlouia ba davar).
Mais une question persiste: pourquoi D.ieu fait-il se manifester Son amour pour Israël par le biais d'une pièce d'argent, fût-elle du feu de dessous Son Trône de gloire? C'est que le demi-shékel vient remplacer le compte, le dénombrement, et qu'il y a dans la notion même de nombre un profond secret que nous devons élucider.
Le Sefer Hayetsira nous enseigne dans sa première Michna que D.ieu a créé l'univers avec la dimension de Sfor, qui signifie le nombre, mais aussi l'écriture (séfer) et la parole (sipour). Ces trois dimensions, articulées autour de la racine Sfor, sont donc les fondements de la création du monde. Le texte ajoute que D.ieu a fait acte de création avec les dix nombres premiers et les vingt-deux lettres de l'alphabet hébreu, qui constituent les trente deux voies de sagesse[4]. Il y aurait donc dans la notion même de nombre une clé pour comprendre la création du monde. La racine SFOR nous renvoie évidemment à la notion des dix séfirot, dont on sait qu'elles sont le fondement du monde et qu'elles le font fonctionner. Ces séfirot révèlent chacune un aspect du dévoilement divin dans le monde, limité en soi, mais illimité dans leur conjonction. En effet, la séfira de hessed (amour), par exemple, provient de l'amour de D.ieu pour ses créatures, mais un monde fondé uniquement sur la dimension d'amour serait incomplet et déséquilibré dans son fonctionnement. C'est pour cela que la séfira hessed (comme toutes les autres séfirot) ne peuvent se comprendre et s'articuler dans leur influence sur le monde qu'avec toutes les autres séfirot, comme par exemple celle de rigueur. Ainsi, la séfira provient de la notion de nombre, c'est-à-dire de limite, qui est essentielle à la compréhension de la notion de création: le monde n'est rien d'autre que le passsage de la lumière infinie de D.ieu à la contraction de la Présence Divine qui s'exclut, se limite, pour laisser place à autre chose que l'Infini Divin[5]. Mais cette limite a besoin aussi d'une trace de la Présence de D.ieu qui se manifeste par la parole (sipour) et l'écrit (séfer) pour gérer le monde dans son infinitude de possibles[6].
C'est aussi pour cela que chaque personne ne devait donner que la moitié d'un shékel: chaque individu ne peut se voir comme fini, limité. Il a besoin d'une autre moitié de shékel qui provient du Trône divin lui-même. Chaque personne est  limitée par son corps, et le demi-shékel vient servir d'expiation aux fautes qui pourraient être commises par ce corps; mais l'homme possède aussi cette âme qui provient de dessous le Trône divin, et qui elle est infinie et reste pure quels que soient les actes commis par lui. C'est à cette âme, partie divine en nous, que vient faire allusion le demi-shékel émanant du feu dévorant de l'amour de D.ieu pour nous.
C'est pour cela aussi que la dernière paracha du livre de Chemot, des noms de D.ieu (comme nous l'avons expliqué dans notre article sur la paracha Chemot) s'ouvre sur les comptes (Pekoudé). Ces comptes ne sont pas dressés par Moïse dans le seul but de montrer au peuple son honnêteté. Ils viennent aussi, à un niveau plus profond, nous expliquer que le monde fonctionne grâce à des nombres, révélateurs en partie de la sagesse infinie de D.ieu. En conjonction avec les lettres, ils sont la clé de voûte de la formation du monde[7].

 
 
[1] La Volonté de D.ieu, dans l'arbre séphirotique, correspond au degré le plus élevé, le Keter, ou Couronne, la première des dix séphirot. Le Rav Kook, dans "Orot Ha kodech" fait correspondre le Keter au travail de l'imaginaire chez l'homme, degré plus élevé que le pur intellect, mais lié à lui pour accéder à l'esprit saint (Orot Hakodech volume 1, pp 223-243, Eds Mossad Ha Rav Kook) .
 
[2] Voir notre article sur Trouma
 
[3] Voir à ce sujet l'œuvre du Rav Raphael Moshe Louria, fondé essentiellement sur le thème de l'amour infini de D.ieu pour Son peuple, et les différentes expressions de cet amour (voir par exemple les articles sur le demi-shékel dans son commentaire sur la Torah, Bet Gnizai)
 
[4] Voir "Commentaire sur le Sefer Yetsira" de Saadia Gaon, Eds Verdier, p 49)
 
[5] Voir notre article sur Béréchit où nous exposons la théorie du tsimtsoum.
 
[6] Il ne s'agit donc pas du pythagorisme, qui énonce que le monde se comprend uniquement à travers les chiffres. Dans la théorie cabalistique de la création du monde, le chiffre a certes une importance capitale, mais il ne peut être dissocié des deux dimensions supplémentaires du Sfor, à savoir la parole et l'écrit, les lettres de la Torah écrite et orale.
 
[7] Une application de ce principe fondateur en est l'étude de la guematria, c'est-à-dire le calcul des valeurs numériques de chaque lettre. Chacune d'entre elles correspond en effet à un nombre, et on peut ainsi calculer la valeur numérique de chaque mot, en additionnant la valeur numérique de toutes les lettres qui le composent. Cete approche n'est pas une étude en soi, mais peut être utilisée pour étayer une démonstration d'une idée que le texte appelle. Les kabbalistes se serviront très fréquemment de cette approche, mais,répétons-le, uniquement pour appuyer un raisonnement et non pour le fonder.
 
 
 

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