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TAZRIA- METZORA, OU LE DESIR DE D.IEU AU FEMININ
 
Notre paracha s'ouvre sur les lois d'impureté féminine après l'accouchement: "Une femme, lorsqu'elle concevra (tazria: littéralement lorsqu'elle ensemencera) et enfantera un mâle, sera impure pendant sept jours, comme aux jours de l'isolement de son flux (nidda)"(Vayikra 12, 2).
Ce verset peut être interprété à différents niveaux. Le premier niveau est celui qui s'attache au sens obvie du verset. A la suite de ce verset, les Sages du Talmud inféreront de nombreuses lois concernant les relations conjugales et ses interdits. Ainsi: "On assimile l'impureté des jours qui suivent l'accouchement à celle des jours d'impureté menstruelle (nidda)" (Nidda 37b). Un second niveau d'interprétation s'attache, lui, à la dimension métaphorique et paradigmatique du texte, et vient apporter une signification que le sens premier des mots ne pouvait apporter, mais que les Sages de la tradition ésotérique (la cabale) ont reçue et ont transmise de génération en génération. Suivant cette approche, la femme fait référence à la dimension féminine de la création, c'est-à-dire à l'aspect récepteur du monde. Le monde est "ensemencé" par D.ieu: Il délivre en permanence Son influence sur le monde, c'est-à-dire donne l'être au monde et à l'homme qui doit donc se comporter comme un réceptacle pour recevoir et intégrer ce don. Le don de l'être au monde est considéré comme le principe masculin en action dans la création, alors que l'homme qui reçoit ce don est apparenté au principe féminin, qui intègre et fait grandir cet être en lui pour le faire arriver à terme, à l'image de la matrice fécondée qui permettra au fœtus de se développer jusqu' à terme. Ce don de l'être provenant de D.ieu peut être lui-même interprété à plusieurs niveaux, personnel et collectif. Au niveau personnel, il s'agit de l'âme de l'homme, étincelle divine à proprement parler. C'est en effet cette âme, concept irréductible à toute définition scientifique[1], qui nous fait penser, parler et agir, de concert avec notre corps. C'est cette âme qui fait que nous sommes vivants, comme l'exprime le verset de Béréchit sur la création de l'homme: " D.ieu façonna l'homme, poussière détachée du sol, en insufflant dans ses narines un souffle de vie (nichmat haim), et l'homme devint une âme vivante." (Béréchit 2, 7) L'homme est en effet la seule créature à être formée à partir de deux origines distinctes et opposées, l'une provenant du monde d'en bas- la poussière de la terre- et l'autre directement d'une étincelle de D.ieu -l'âme-. Cet être composite aura donc la possibilité soit de se rapprocher de son origine divine, et ce par le respect de la Parole Créatrice (en observant les mitzvot et en étudiant la Torah), soit de se rabaisser à son niveau tellurique, c'est-à-dire se laisser aller à ses pulsions corporelles. Mais la Torah ne supporte pas cette dichotomie corps-esprit; elle propose donc d'élever la matérialité vers le spirituel, celle-ci étant le vecteur nécessaire et indispensable pour atteindre une totale adhésion avec la Parole de D.ieu. Ainsi, par exemple, le fait de se nourrir n'est pas un simple assouvissement d'un besoin physique, il est aussi la possibilité d'élever le niveau végétal et animal en absorbant des aliments provenant de ces deux mondes, et ainsi les hisser au niveau humain. Toutes les mitzvot peuvent être vues dans cette optique: élever la matière vers le spirituel pour reconnaître que tout [2]n'a qu'une Source, le D.ieu Qui donne la vie. Ainsi, toutes les actions de l'homme dans ce monde n'auront pas d'autre but que d'élever en permanence la matérialité vers le spirituel, et de le hisser lui aussi plus près de son Créateur. Il s'agit donc de sanctifier le monde dans toutes les actions, même les plus prosaiques. Dans le quotidien, que ce soit dans le domaine familial ou social, nos actions doivent en permanence être empreintes de cette aspiration à un monde toujours plus riche en spiritualité[3]. Là est la fonction de cette âme que D.ieu a déposée, "ensemencée" en nous.
Au niveau collectif, les choses atteignent une dimension encore plus élevée. Lorsque le peuple d'Israël, appelé aussi l'Assemblée d'Israël (Knesset Israël, terme également féminin en hébreu), cherche à faire la volonté de son Créateur et à se rapprocher de Lui, elle se hisse à un degré d'intimité semblable à celui que connaissent deux époux. Les Prophètes abondent dans ce sens. Ainsi, Jérémie : "Ainsi parle l'Eternel: Je te garde le souvenir de l'affection de ta jeunesse, de ton amour au temps de tes fiançailles, quand tu me suivais dans le désert" (2, 2). Ou encore Osée: "A cette époque, dit l'Eternel, tu m'appelleras "Mon Epoux" " (2, 18). Et bien sûr, le Cantique des Cantiques est entièrement fondé sur l'amour réciproque de D.ieu et D'Israël. A tel point que Rambam le prendra comme référence pour enseigner ce que doit être l'amour de D.ieu: "Comment doit être l'amour que nous devons porter à D.ieu? Cet amour doit être immense, puissant, jusqu'à ce que l' âme de l'homme soit liée à cet amour et en devienne fou (chogué) en permanence, comme s'il était malade d'amour pour une femme à qui il pense à toute heure, du lever au coucher, et lorsqu'il boit et mange. Les hommes doivent être comme les amants de D.ieu, fous d'amour pour Lui en permanence, comme il nous l'a été prescrit "de tout ton cœur et de toute ton âme" et c'est aussi ce que le Roi Salomon a dit, utilisant une métaphore: "Je suis malade d'amour"; et tout le Cantique des Cantiques n'est qu'une version imagée de cet amour"[4].
Le Cantique des Cantiques est effectivement le texte qui parle le mieux et le plus poétiquement de cet amour entre D.ieu et l'Assemblée d'Israël. Ils sont désignés allégoriquement par les noms de Bien-Aimé (Dod) et d'amie (rehaya). Le Cantique est traversé par un désir brûlant de la part de l'amie de rencontrer et d'épouser le Bien-Aimé. Celui-ci se porte aussi à la rencontre de cette amante enflammée, mais le rendez-vous s'avère raté, la bien-aimée n'étant pas prête pour cette rencontre. Ce chassé-croisé symbolise un ardent désir d'union, mais qui devra mûrir tout au long de l'histoire, pour aboutir à un amour pur, entier et éternel.
Ce désir de l'Assemblée d'Israël pour D.ieu est l'équivalent métaphysique du désir qu'éprouve une femme pour son mari, en acceptant d'être le réceptacle, spirituel et physique, de ce que son mari ensemence en elle et pour elle, physiquement et spirituellement. Ce désir est appelé par les maîtres de la cabale "les eaux féminines" (Mayim Noukbin) et en se donnant à son mari, elle va créer également chez lui un regain de désir pour elle. De leur union, si elle est réussie, va naître un enfant. Le Talmud nous dit énigmatiquement que si la femme éprouve le désir la première, elle enfantera un garçon, alors que si c'est le mari, elle accouchera d'une fille (Nidda 31 a). Que vient signifier ce curieux apologue, qui ne veut certainement pas nous enseigner une leçon d'embryologie?[5] Il faut y voir, nous semble-t-il, une allusion à l'union parfaite qui doit engendrer la rédemption. La cabale lourianique est en grande partie fondée sur cette notion: c'est par nos mitzvot et nos prières que nous aidons à la réalisation de l'union entre les différentes séfirot et partzoufim, comme Zéir Anepine et Noukba, et ainsi permettons la progression vers la délivrance finale. Or, si la femme, l'Assemblée d'Israël désire ardemment cette union et sa consécration par l'enfantement, alors il naîtra un garçon, qui représente symboliquement le Messie. Si Israël devance en quelque sorte le Désir de D.ieu, alors D.ieu fera advenir la rédemption, "touché" par cet élan féminin qui fait remonter les eaux jusqu'aux plus hautes configurations spirituelles.
Cette métaphore de D.ieu et d'Israël représentés par un homme et une femme s'unissant est évidemment à dégager de tout contexte anthropomorphique. Si les prophètes, et surtout les cabalistes ont utilisé cette comparaison, c'est parce qu'il n' y avait rien de plus élevé dans l'expérience humaine que cette image pour nous expliquer le lien indissoluble, ardent qui unit le Créateur et Son peuple. Ce lien se tisse grâce au désir ardent que peuvent ressentir les deux protagonistes du couple, le désir de l'un éveillant celui de l'autre, augmentant ainsi l'amour réciproque. Mais plus encore: c'est en désirant et en "aimant D.ieu de tout son cœur, de toute son âme et de tous ses moyens" que l'Assemblée d'Israël fera descendre la miséricorde divine sur elle et engendrera la rédemption finale, comme Léah a su le faire auprès de Jacob et engendrer le précurseur du Messie Fils de David, Judah.
Il existe deux formes de rédemption, masculine et féminine, correspondant aux deux types de relation s'établissant entre D.ieu et le peuple juif. Si c'est D.ieu qui initie la rédemption, et que le peuple reste passif, comme par exemple en Egypte ou à Babylone, il s'agit d'une délivrance sur le mode féminin, qui sera de durée limitée, et à laquelle fera suite un autre exil. Si, au contraire, la rédemption est engagée par le peuple (la femme éprouve le désir la première), alors il s'agira de la délivrance perpétuelle, définitive, représentée par le Messie fils de David.[6]

 
 
[1] L'âme est devenue, avec l'éclosion des neuro-sciences, un objet d'investigation scientifique. Ainsi, certains neurobiologistes considèrent qu'une partie du cerveau, en l'occurrence une aire du cortex pré-frontal, serait le siège de l'âme (voir, par exemple le livre d'Antonio Damasio, "L'erreur de Descartes", Editions Odile Jacob , 1995 et 2001; ou celui de PM Churchland The engine of reason, the seat of the soul: a philosophical journey into the brain, Cambridge MIT Press, 1994).Ils le déduisent d'études expérimentales chez les animaux auxquels on a causé des lésions cérébrales de la zone pré-frontale et d'observations cliniques de sujets atteints de pathologie de la même région, chez qui ces lésions ont entraîné des troubles du comportement et du raisonnement. Mais ces troubles peuvent-ils résumer toute l'activité intellectuelle, psychique et morale de l'individu? La réponse est clairement non, comme l'affirme Paul Ricoeur: le cerveau est certes le substrat de la pensée, mais elle ne peut pas s'y réduire (voir "Ce qui nous fait penser: la nature et la règle" de Changeux et Ricoeur, Editions Odile Jacob, 1998). Ainsi, le neurobiologiste américain Gérald Edelman, prix Nobel de médecine, déclare que le phénomène de pensée reste incompréhensible à la science ( "Comment la matière devient conscience", par Edelman et Tononi, Editions Odile Jacob, 2000, notamment le chapitre 16).
 
[2] D'après tous les commentateurs classiques, comme par exemple Rabbi Juda Halévy dans son Kouzari, subdivise tous les éléments créés en quatre catégories: le minéral, le végétal, l'animal et l'homme (ou l'être parlant)
 
[3] Les exemples sont aussi nombreux que toutes les situations possibles et imaginables dans lesquelles évoluent les hommes. Il s'agit d'une éthique de tous les instants, fondée sur un rapport fait de crainte et d'amour pour Celui Qui insuffle la vie et son ordonnancement selon une morale trans-historique. Cette morale atteint tous les échelons de la vie quotidienne, que ce soit dans les rapports sociaux entre employeurs et employés, ou au sein du cadre familial, où parents et enfants ont chacun des droits et des devoirs. (Voir par exemple le chapitre 11 du Messilat Yésharim- La Voie des Justes-)
 
[4] Rambam, Michné Torah, Lois sur la Tchouva, 10, 3. Pour ceux qui verraient encore Maimonide comme le précurseur des universitaires froids et distants avec leur étude, nous espérons que cette courte citation a dissipé leurs dernières hésitations.
 
[5] L'embryologie serait d'ailleurs incapable de confirmer ou d'infirmer une telle assertion. Le sexe de l'enfant est déterminé par le type de chromosome porté par le spermatozoide qui va féconder l'ovule, soit X (et ce sera une fille) soit Y ( et ce sera un garçon). Mais y aurait-il une influence méta-physiologique au choix de ce spermatozoide? La science ne peut y répondre…
 
[6] C'est pour cela que tous les maîtres s'accordent à dire que la délivrance qui arrivera après le dernier exil, celui de Rome, est la définitive. Ce n'est donc pas un hasard si cette délivrance a commencé de façon "naturelle", par l'action directe et massive de l'homme sur la terre d'Israel. Le danger serait de croire que "c'est ma force et la vigueur de ma main qui m'ont conquis cette puissance "(Devarim 9, 17); il faut au contraire savoir discerner la Main de D.ieu derrière les actions des hommes, même si Celle-ci n'apparaît que de façon voilée, comme lors de la Méguila d'Esther. Plus encore: d'après ce que nous avons expliqué, la rédemption finale ne peut advenir que si les événements semblent naturels (c'est-à-dire proviennent du désir premier de la femme), mais sont associés à la bénédiction que D.ieu y ajoute, et que l'homme sait reconnaître ce travail conjoint.
 
 

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