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HAYE SARAH :
LE FEMININ VECTEUR DE LA REDEMPTION
 
 
Notre paracha, qui s’intitule « La vie de Sarah », s’ouvre sur la mort de celle-ci. Ceci vient nous apprendre une chose fondamentale : que les Sages sont appelés vivants, même après leur mort, car leur parole et leur enseignement perdure parmi les générations postérieures. Ainsi, la vie et la mort de Sarah doivent servir d’exemple pour toutes les femmes d’Israël. En quoi Sarah représente-t-elle le modèle de la féminité juive ?
Pour répondre à cette question, nous devons d’abord élucider ce qu’est la féminité juive, telle qu’elle est décrite par les textes. A l’opposé de nombreux clichés véhiculés dans le monde occidental, il y a dans le judaisme un profond respect de la femme. Une des préoccupations essentielles des Sages d’Israël de tous les temps, depuis le Talmud jusqu’à nos jours, a été d’éviter que la femme ne soit prise pour un objet de convoitise. Il y a d’abord l’obligation « d’aimer sa femme comme lui-même et de la respecter plus que lui-même » (Talmud de Babylone, Yoma 62b et Maimonide, Lois sur la femme, 15, 19). De plus, la halakha interdit formellement les relations sans le consentement absolu de la femme. La femme doit donc être considérée pour elle-même, et ce dans un profond respect mutuel. Les Sages ont même conseillé de faire montre d’une grande tendresse avant l’acte sexuel lui-même, le tout avec pudeur et doigté (Voir par exemple le livre du Rav Mordekhai Eliahou « Les chemins de la pureté »).
Toutes ces précautions cachent en fait un profond secret : la relation entre un homme et sa femme n’est rien d’autre que la projection d’une union céleste, celle entre D.ieu et l’Assemblée d’Israël, qui est appelée par le Zohar l’épouse de D.ieu (Knesset Israël Bat Zougo)[1]. Qu’on ne s’y trompe pas : nous ne sommes pas en train de développer une thèse anthropormophique faisant le parallèle entre D.ieu et l’homme d’un côté, et l’Assemblée d’Israël et la femme de l’autre côté. Non : ce que veut nous enseigner le Zohar, c’est que le degré de rapprochement entre D.ieu et Son peuple peut être aussi intime que celui qui existe entre un homme et sa femme. Il est bien évident que D.ieu n’a pas de corps, et que l’image de l’union entre D.ieu et son peuple n’est rien d’autre qu’une métaphore. Mais comme son nom l’indique, la métaphore nous transporte très loin : jusque dans les sphères célestes d’un côté, et jusque dans l’intimité la plus secrète de l’autre.
Mais la femme dans la Torah n’est pas que l’épouse. Même si son rôle essentiel est de construire la maison, et de permettre la perpétuation du judaisme par des engendrements réussis, il n’en reste pas moins que la Torah montre de nombreuses femmes au-devant de la scène de l’histoire et du politique. La Guemara conclut même que la libération d’Egypte ne s’est faite que grâce au mérite des femmes, comme Myriam et les sages-femmes (Sota 11b). C’est en effet sous l’impulsion de Myriam que naquit Moïse[2], c’est grâce à l’abnégation et au dévouement des sages-femmes juives en Egypte que le peuple grandit de façon exponentielle (Exode, 1, 15-20), et c’est par le mérite des femmes de cette génération qu’ils purent sortir d ‘Egypte.
On voit également que ce sont les femmes juives qui font avancer l’histoire, chaque fois que celle-ci semble sans issue. Ainsi la prophétesse Dévorah, qui cumulait les fonctions de juge et de chef national, la convertie Ruth de qui sortira David, et bien sûr la reine Esther qui annihilera le décret de génocide de tous les juifs prononcé par Haman[3].
Nous voyons donc que la femme dans la Torah a ce double visage de l’épouse et de la « politicienne »[4], de l’intériorité et de l’extériorité. Cette double caractéristique se retrouvera notamment chez les matriarches, qui sauront, parfois contre l’avis de leur mari, faire avancer l’histoire dans le sens voulu par D.ieu. C’est ainsi que Sarah, la première, diagnostique l’influence néfaste que peut avoir Ishmael sur Isaac. Sur le verset « Sarah vit le fils d"Agar l"égyptienne, riant (metzahek). Et elle dit à Avraham : « Expulse cette servante et son fils, car le fils de cette servante n"héritera point avec mon fils, avec Isaac » (Béréchit, 21, 8-10) . Sur ce « metzahek » d"Ishmael face à Isaac, les Sages commentent : « Rabbi Chimon Bar Yohaî dit :
- Rabbi Aquiva a expliqué : le rire d’Ishmael est celui de l’idolâtrie
- Rabbi Eliezer fils de Rabbi Yossé Hagalili dit : c’est celui de la débauche
- Rabbi Ishmael, quant à lui, dit : il s’agit du meurtre
- Et moi je dis : à D.ieu ne plaise qu’il y ait dans la maison de ce juste, Avraham, un enfant qui agisse ainsi ! » (Tossefta du traité Sota, 6, 3)
Sarah avait compris dès le début qu’Ishmaël  pourrait entraîner Isaac vers les pires déviances, alors qu’Avraham n’avait pas encore saisi le risque potentiel que représentait Ishmael sous son toit. C’est pour cela que « la chose déplut fort à Avraham » (21, 11). Mais D.ieu va trancher de façon catégorique : « pour tout ce que Sarah te dira, obéis à sa voix, car c"est par Isaac qu"une postérité sera nommée après toi » (21, 12).
Cet épisode illustre remarquablement la double fonction de la femme dans la Torah : elle seule est capable de diagnostiquer les signes avant-coureurs d’une tragédie future, et ainsi d’agir en conséquence pour l’éviter. Le rôle que remplit ici Sarah commence certes dans le cercle familial, mais elle sait que les conséquences seront planétaires, car il s’agit ici de séparer deux frères qui deviendront deux nations aux aspirations totalement différentes.
Ce n’est donc pas fortuit si le Midrach dit qu’Avram devint Avraham, c’est-à-dire atteignit toute sa grandeur spirituelle, uniquement grâce à Sarah : « Il est écrit : « Une femme vaillante est une couronne pour son mari » (Proverbes, 12, 4). Commentaire de Rabbi Aha : son mari, Avraham, ne fut couronné que grâce à Sarah, mais elle, ne le fut pas grâce à lui. Elle était la maîtresse de son mari ; d"habitude l"homme décide ; or ici on recommande : « tout ce que te dira Sarah, écoute sa voix » (Béréchit Rabba, 47, 1). Ce midrach est plein d'humour : alors qu"il nous a dit que c'est Sarah qui a « fait » Avraham, et qui en fait dirige sa maisonnée, il ajoute que d'habitude « c"est l"homme qui décide »...Mais ce midrach en dit encore plus : l"identité Israël, qui passera par Avraham, Isaac et Jacob, n'est rien d"autre que le travail souterrain de la femme, à commencer par Sarah. Rivka opérera la même « sélection » entre Jacob et Esav, car elle sait, de nouveau contre l'avis de son mari, que c'est par Jacob que doit passer l'identité du peuple hébreu à venir.
D’où vient à la femme cette compréhension des choses et des événements, bien avant qu’ils ne se produisent ? Il faur remonter en fait à la création de la femme. Celle-ci, comme l’écrit la Torah, fut créée à partir de la côte d’Adam, être humain, donc déjà à l’image de D.ieu, alors que lui, Adam, fut créé à paritr de la poussière de la terre, élément évidemment inférieur à l’homme. De plus, ce sera D.ieu Lui-Même, sans l’aide des anges, qui façonnera la femme, à l’opposé du premier homme. En effet, pour ce dernier, il est écrit « Faisons l"homme » (Béréchit, 1, 26) pluriel de majesté qui signifie, d’aprrès le Midrach, que D.ieu a consulté les anges avant de créer Adam. Alors que pour la création de la femme, il est écrit « D.ieu prit un côté de l'homme et forma un tissu de chair à la place. D.ieu édifia (vayiven) en femme la côte qu'il avait prise à l'homme, et Il la mena à l'homme » (2, 22). Ici, c’est D.ieu Lui-Même qui intervient, sans le consentement préalable des anges, et Qui Se transforme en « Anesthésiste-Chirurgien » pour opérer la séparation entre l’homme androgyne qu’était Adam et la femme. Et pour expliquer la formation de la femme, la Torah utilise le verbe vayiven, qui vient de la racine « bina », qui signifie « discernement », le fait de comprendre une chose par une autre, de posséder une intuition nous permettant de déduire une multitude de choses à partir d’événements mineurs.
Ainsi, l’épisode de la création de la femme nous a permis de répondre à notre question sur l’intelligence des matriarches : la femme, créée à partir de Bina, comprendra mieux et plus vite que l’homme, et verra immédiatement les implications à long terme d’une situation donnée. Rien d’étonnant alors que le texte des Proverbes affirme que c’est la femme qui est la couronne du mari, et que le Midrach dit que c’est Sarah qui a fait Avraham.
A un niveau encore plus profond, la grandeur de la dimension féminine s’explique aussi par le lien entre D.ieu et Son peuple. Comme nous l’avons expliqué plus haut, Israël, lorsqu’il fait la volonté de son créateur, et s’attache à Lui de toute son âme, est appelé la Bien-Aimée, l’épouse de D.ieu. Plus exactement, le Zohar identifie la Bien-Aimée à la dimension féminine de la révélation Divine, à savoir la Chekhina, elle-même liée à la sefira Malkhout qui est la dernière sefira par laquelle les créatures peuvent communiquer avec le divin. Le divin qui se lie à cette dimension féminine est la sefira Tiféret, représentant le principe masculin de l’émanation divine. C’est comme cela, nous dit le Zohar, qu’il faut lire le Cantique des Cantiques et comprendre ce qui se cache derrière le Bien-Aimé et la Bien-Aimée[5].
Mais au-delà même de l’amour et du lien qui s’établissent entre le principe féminin (la Malkhout) et le principe masculin (Tiferet), la dimension féminine possède la capacité de s’élever encore davantage, jusqu’à la première sefira, le Keter. Ceci est marqué en filigrane dans ce fameux verset des Proverbes, qui parle de la femme comme « couronne ». La sefira Keter signifie littéralement couronne. La femme est l’agent par qui les autres sefirot prendront toute leur dimension, tout comme Avraham n’ a acquis sa véritable stature que grâce à Sarah. C’est aussi l’enseignement que nous livre le Ramhal dans « Adir Bamarom » quand il écrit que « Sarah (aprés sa mort) s'est élevée à la tête véritablement, et Avraham a canalisé le pouvoir que Sarah lui avait insufflé, grâce à la couronne de Sarah qui se trouvait au-dessus de sa tête et qui continuait son pouvoir » (Adir Bamarom, p 362). Nous avions vu dans un précédent article (sur Lekh lekha) qu’Avraham représentait la lumière divine qui s’étend dans le monde (le kav). Sarah n’est rien d’autre que la force qui permet à cette lumière divine d’être agissante, effective, tout comme une couronne est le symbole par lequel le roi va montrer son pouvoir à ses sujets.
Mais la femme est plus qu’un symbole. Elle n’est pas que la couronne, elle est aussi la royauté elle-même[6]. Et le but de la royauté est de parfaire les actes de tous les hommes pour qu’il y ait identification entre la première et la dernière sefira. C’est cela, la rédemption : lorsque la Présence divine et Israël ne feront plus qu’un. Et cette union ne pourra se réaliser que grâce au rôle clé de la femme, qui créera la jointure (pour l’instant manquante) entre les émanations de D.ieu et toutes les créatures. C’est peut-être aussi ce que signifie le fait que le mot icha apparaît dans la Torah avant le mot ich. La femme a préséance sur l’homme, car c’est par elle que se fera la rédemption finale. Son nom même indique que c’est elle qui indique la bonne direction à l’homme. Le suffixe hé ajouté à un mot indique en général la direction (comme par exemple Harana, vers Haran). Icha n’indique rien d’autre que la direction (la bonne) du Ich...Sarah la matriarche a réussi à retirer le voile entre D.ieu et les créatures: c'est la voie qui nous amènera à la rédemption.
 
 
[1] Le Zohar cite de multiples fois l’Assemblée d’Israël l’épouse de D.IEU. Il existe en fait trois niveaux de relations entre D.ieu et Son peuple :1. Le premier est celui d’Israël en tant que serviteurs, esclaves de D.IEU. Nous nous devons, comme un esclave devant son maître, de respecter à la lettre les ordres de ce dernier, et ce d’autant plus que nous sommes redevables de la vie à notre Maître. 2. Le second niveau est celui d’Israël considéré comme les fils de D, comme l’en attestent de nombreux versets (« Mon fils, Mon premier-né » dit D.ieu à Israël). A ce niveau là, D n’attend pas seulement qu’Israël respecte Ses ordres, mais qu’il comprenne Sa volonté profonde, comme un fils à l’écoute des désirs de son père. 3. Le troisième niveau est celui de l’intimité la plus parfaite qui soit entre D et Israël, comme un mari avec sa femme. Celle-ci est à l’affût du moindre désir de son mari et ne cherche qu’à le satisfaire, sachant qu’elle aura son respect, son amour, et le cas écheant, son aide dans toutes les situations. Voir par exemple Zohar Vayikra ; voir aussi les textes de Rabbi Moshe Raphael Louria, « Bet Gnizaï »).
 
[2] Il existe une halakha qui stipule qu’en temps de persécution ou de famine, on n’est pas tenu de procréer. Amram, le père de Myriam, avait donc décidé de ne plus faire d’enfants, le Pharaon ayant ordonné qu’on tuât tous les nouveaux-nés mâles. Myriam intercéda auprès de son père pour qu’il continuât à procréer, car, lui dit-elle, si tu arrêtes de mettre des enfants au monde, ton décret est pire que celui du pharaon, car lui ne veut tuer que les enfants mâles : toi tu « tueras » en potentiel et les garçons et les filles. Ainsi naquit Moïse...
[3] Les exemples de femmes qui ont eu un rôle crucial dans l’histoire d’Israël et du monde abondent dans la Bible. Citons pour mémoire Rivka qui fera obtenir à Jacob la bénédiction de son père, Tamar de qui sortira la lignée du Messie, Yéhoudith concernant la victoire des juifs sur les grecs à Hanouka, les femmes de David qui joueront indirectement un rôle politique de premier plan, Naama l’ammonite etc...
 
[4] Politicienne au sens noble de “polis”, c’est-à-dire celle qui s’occupe de gérer la vie de la cité pour l’améliorer
[5] Voir « le Zohar sur le Cantique des Cantiques » traduit  aux Ed Verdier, l’introduction.  
 
[6] Dans la cabale, il existe une inter relation étroite entre la première sefira-la couronne, le keter- et la dernière-la malkhout, la royauté. Le rôle de l’homme et des mitzvot est de faire monter la Malkhout jusqu’au sommet de l’arbre séfirotique, pour atteindre une restauration totale de toues les âmes d’Israël
 
 

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