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AHAREI MOT- KEDOCHIM,  OU COMMENT REUNIR EN SEPARANT
 
Notre paracha s'ouvre avec un verset-clé de toute la pensée d'Israël: "Soyez saints, car Je suis saint, Moi votre D.ieu" (19, 2). Rachi, à la suite du Midrach, nous dit que la plupart des lois fondamentales de la Torah (goufé Torah) en dépendent. C'est dire la centralité de ce verset. Nous tâcherons ici de comprendre la profondeur de la notion de sainteté, et ce qu'elle implique dans notre rapport au monde. Car si le Midrach a utilisé justement l'expression goufé Torah, le corps de la Torah, cela vient probablement signifier que nous devrions trouver un lien entre la notion de sainteté et celle de corporéité[1].
Ibn Ezra, dans son commentaire sur la Torah (Vayikra, 11, 45) nous explique que le but suprême de la sortie d'Egypte n'est rien d'autre que de devenir saints, pour qu'ainsi le lien entre D.ieu et Son peuple s'établisse de façon inaliénable: "Je ne vous ai fait sortir d'Egypte que pour être votre D.ieu. Mais si vous ne devenez pas saints, Je ne serai pas votre D.ieu. Ainsi, si vous désirez que Je sois votre D.ieu, soyez saints!" La sortie d'Egypte ne se trouverait donc justifiée a posteriori que si Israël se maintient dans le respect de la Loi Sinaitique et se voue à une relation emplie de sainteté avec son D.ieu. Là précisément, dans cette injonction divine de devenir saints, se trouverait résumée, condensée en une formule toute la finalité du destin d'Israël. Mais que signifie devenir saint?
Nous examinerons les définitions que donnent trois géants d'Israël, à savoir Rachi, Ramban et Rabbénou Béhayé. Le premier donne de la sainteté une définition bien circonscrite: "Ecartez-vous des rapports sexuels interdits et du péché, car partout où tu trouves une barrière devant la débauche, tu trouves mention de la sainteté" (Rachi sur Vayikra 19,2 selon le Midrach Rabba). Et Rachi de citer plusieurs versets où il existe une équation herméneutique entre la débauche et la sainteté, qui serait donc le moyen préventif de ne pas tomber dans ce péché[2]. Pour notre commentateur, la sainteté équivaudrait donc à se préserver des errements de la chair. Le Ramban y voit une approche minimaliste. Certes, cette condition est évidemment nécessaire, mais elle ne suffira pas à accéder au degré de sainteté, car l'on peut respecter les mitzvot à la lettre ( y compris l'interdiction de la débauche)[3] et néanmoins rester un "scélérat au nom de la Torah" : "Certes, la Torah a permis des rapports intimes entre un homme et sa femme, ainsi que la consommation de viande et de vin; mais si un homme tombe dans l'excès des désirs sexuels avec sa –ou ses- femme (s), ou qu'il s'enivre et engloutisse des repas copieux, et qu'il parle un langage grossier comme les scélérats, tout ceci n'étant pas formellemene interdit par la Torah, il se retrouvera être un scélérat au nom de la Torah!" (Ramban sur Vayikra 19, 2).
Le Ramban ajoute une dimension "hassidique" à la notion de sainteté. Il ne suffit pas de respecter les commandements à la lettre, il faut aussi en comprendre l'esprit, et faire preuve de modération en toute chose, même les choses permises. Les mitzvot représentent pour ce penseur- terme qui deviendra un véritable leitmotiv du hassidisme- le minimum requis par D.ieu. Mais il s'agit, si l'on veut pénétrer la dimension profonde et véritable de la Torah, de faire plus que la stricte observance des commandements divins: il faut aller au-devant de la Volonté Divine pour tenter une communion, la dvékout, avec D.ieu, comme un fils tente de faire plaisir à son père avant que celui-ci ait même formulé quel était son désir. Le hassid est celui qui veut satisfaire la Volonté de son Père spirituel, au-delà de la lettre du texte. C'est ainsi qu'un homme pourra tenter de s 'approcher de la sainteté, celle-ci étant définie par le Ramban comme le contrôle de ses pulsions animales (manger, boire , se reproduire).
Rabbénou Béhayé pousse l'idée encore plus loin. Pour ce commentateur, élève d'un élève du Ramban, la sainteté repose sur la notion de séparation dans la pensée même: "Au premier niveau (le pchat), le terme de sainteté fait référence à l'ascèse (la prichout) et à la différenciation (hevdel). Et cette paracha est un avertissement à tout Israël pour qu'il reste séparé de la débauche et mesuré dans toutes ses vertus…. On peut aussi expliquer l'injonction" Soyez saints" par la sainteté dans la pensée. Ainsi, il est commandé à l'homme de se sanctifier au moment du rapport intime avec sa femme; cette sanctification se fait par la pensée au moment de l'acte, pour qu'ainsi il en sorte des engendrements saints en Israël. Au niveau ésotérique, la mitzva d'être saint repose sur le parallèle établi par le verset entre la sainteté de D.ieu et celle du peuple d'Israël: "Soyez saints, car Moi D.ieu Je suis saint". Israël fut le premier peuple dans la pensée de D.ieu, et fut ainsi sanctifié avant d'exister réellement[4], comme le proclama le prophète Jérémie " Israël est une chose sainte, appartenant à D.ieu, les prémices de sa récolte" (2,3). (Rabbénou Béhayé: commentaires sur la Torah, Vayikra 19, 2).
Ainsi, atteindre la sainteté nécessite une ascèse, non seulement des actes, mais aussi de la pensée. Ceci correspond au principe cher aux cabalistes selon lequel l'homme procède dans le monde par trois modalités fondamentales: dans l'ordre pensée, parole, et acte. C'est à partir de la pensée que tout s'élabore et se construit, relayé par l'intermédiaire indispensable qu' est la parole. Cette dernière vient "actualiser" la pensée, c'est-à-dire lui donner une première forme extérieure, qui permettra ensuite dans un troisième temps de se manifester sous une forme tangible et concrète, l'acte. Tout ceci est à l'image de D.ieu Qui créa le monde d'abord en pensant "à travers la Torah", puis par Sa Parole, sortit le monde de la virtualité à l'existence[5]. Si l'on veut donc atteindre la sainteté dans les actes ,il faut que ceux-ci découlent d'un processus qui commence par le mental, s'inscrit dans la parole (comme l'étude de la Torah et la prière qui se font oralement) et se termine par un acte venant concrétiser ce cheminement.
Tous nos commentateurs voient donc la sainteté comme une séparation d'avec la grossièreté de la matérialité, que ce soit au niveau des actes sexuels, alimentaires ou à un niveau plus subtil de la pensée. La sainteté serait-elle donc acquise au prix d'une césure avec le monde de la concrétude, ce dernier ne représentant que l'abîme dans lequel l'homme religieux n'aurait de cesse d'éviter? Cette théologie nous renvoie évidemment à une vision duelle du monde, où il faut rendre à César ce qui lui appartient, et laisser à D.ieu et à ses saints le royaume des cieux. Cette approche christianisante, n'est certainement pas celle prônée par les Maîtres d'Israël. Car si les commentaires que nous avons apportés définissent la sainteté comme une séparation, ce n'est pas dans le but de créer une césure irréversible entre le monde de la spiritualité et celui de la réalité, mais bien au contraire de pouvoir pénétrer le monde du concret armé de référents spirituels et moraux, aboutissant ainsi à une sanctification de la réalité et permettant un fonctionnement éthique de ce monde. C'est ce qu'écrit clairement le Ramhal: "L'origine de chaque chose est le Saint béni soit-Il. En choisissant de créer le monde, Il a voulu octroyer aux hommes le Bien, relativement à ce qu'ils pouvaient recevoir du bien infini de D.ieu. Ce bien émane directement de la sainteté de D.ieu… Néanmoins, le rayonnement de Son influence étant sur chaque chose, y compris sur des choses matérielles et qui semblent éloignées de Sa perfection, Il a dû réduire cette influence… Mais chaque chose provient de Lui, même si ces choses sont enveloppées de "vêtements" qui cachent la véritable lumière divine. C'est bien l'influence divine qui est à l'origine de tous les événements du monde" (Daat Tvounot, paragraphe 116) .
D.ieu, en créant le monde, a donc produit des êtres et des choses qui sont par définition inférieurs à Lui. Mais chaque étincelle de vie contenue dans tous les éléments de la nature –minéral, végétal, animal et humain- provient de la Volonté de D.ieu, même si Celle-ci se cache derrière les "enveloppes de matérialité" . Le travail de l'homme consistera justement à savoir reconnaître la Providence Divine dans toutes les structures et tous les événements du monde. C'est ainsi que le monde sera transformé et amélioré par l'homme, celui-ci étant le partenaire de D.ieu dans l'évolution de l'histoire, menant de la création du monde à la rédemption. L'homme pourra faire intervenir son libre-arbitre tout le temps de cette histoire, et ainsi remplir un rôle actif, et ainsi faire advenir par son mérite le Messie et la résurrection des morts.
Nous comprenons mieux maintenant pourquoi les Maîtres d'Israël ont dit que le corps de la Torah dépendait de la paracha de Qedochim. Pour atteindre la sainteté, il ne faut pas se détacher de la matérialité, mais au contraire la sanctifier par un travail incessant sur sa pensée, sa parole et ses actes.Cette sanctification sera possible après un long travail de séparation et de maîtrise de ses désirs, pour ensuite les réintégrer dans un double mouvement qui ira de haut en bas puis de bas en haut. C'est ainsi que le Ramhal décrit l'homme saint dans le dernier chapitre de Messilat Yecharim, après qu'il ait gravi tous les échelons des valeurs morales que la Torah demande de lui: "L'homme qui se sanctifie par la sainteté de son Créateur, élève ses actes les plus matériels au niveau divin. Le Talmud enseigne d'ailleurs que la consommation des aliments sacrés provenant des sacrifices est un commandement positif de la Torah: "Les prêtres mangent les viandes des sacrifices, et les pécheurs expient ainsi leurs fautes (Pessahim 59b)… Ainsi l'homme saint est considéré comme un sanctuaire, un Temple, un autel...La nourriture et les boissons que l'homme saint consomme s'élèvent, comme si elles étaient offertes réellement sur l'autel " (Messilat Yecharim, chapitre 26)

 
 
[1] Si les Maîtres du Midrach ont utilisé le terme de corps, et pas un autre (comme par exemple celui de principe, ou de fondement etc..), c'est qu'ils ont voulu nous signifier quelque chose de bien précis, que seul le mot de corps peut faire entendre. Notre étude n'est qu'une tentative de dévoiler (en termes modernes, de déconstruire) un des pans de la Sagesse infinie contenue dans chaque mot de l'enseignemnt des Sages de la Torah.
 
[2] Vayikra 21, 7: "Une femme prostituée ou déshonorée, ils n'épouseront pas… Je suis l'Eternel qui vous sanctifie". Autre verset: " Il ne profanera pas sa descendance… Car Je suis l'Eternel qui vous sanctifie" (21, 15). Ou encore: " Ils doivent rester saints… Une femme prostituée ou déshonorée ils n'épouseront point" (21, 7).
 
[3] Rappelons que l'interdiction de la débauche a été donnée dans la paracha précédente de la Torah (Aharé Mot) et consiste en l'interdit d'approcher un des parents avec qui l'on ne peut pas avoir de rapports conjugaux: le père, la mère, le frère , la sœur, les enfants, les petits-enfants, la belle-mère, la belle-fille, la tante, l'oncle, ainsi que la femme nidda, les rapports homosexuels et ceux avec les animaux.
 
[4] Dans un langage simple, Rabbénou Béhayé résoud ici une controverse philosophique qui occupera tout le vingtième siècle: l'essence précède-t-elle l'existence ? Il répond positivement, et en explique le fondement: c'est à partir de la "pensée" de D.ieu que se forme l'essence de chaque chose, et c'est elle qui va y apposer le sceau de la sainteté. A partir de cette pensée primordiale, le monde va passer à l'existence, muni de l'essence donné par D.ieu. Chercher l'essence du monde revient à retrouver l'origine première de chaque chose existante, telle qu'elle a été "mûrie" et engendrée par la Volonté Divine. L'étude de la cabale n'est rien d'autre que cela.
 
[5] Voir Béréchit Rabba, 1, 1: D.ieu, pour créer le monde, consulta la Torah, comme un architecte consulte ses plans avant de construire sa maison. Puis, par Sa Parole (les Vayomer de Béréchit), le monde fut.
 
 
 

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