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LEKH LEKHA: AVRAHAM,
LUMIERE ET ESPERANCE DU MONDE
 
Dans notre paracha, nous voyons apparaître la grande figure enblématique de tous les croyants du monde, le patriarche Avraham. En effet, celui-ci est le premier à « proclamer le nom de D » (Béréchit, 12, 8). Avant Avraham, le monde vivait dans l’ignorance du D Un. Il y avait certes une recherche de spiritualité, dont le Midrach nous dit que le centre se situait justement à Our- Casdim, la ville d’où sortit Avraham. Mais cette recherche avait abouti à l’idolâtrie, car chacun considérait les forces de la nature comme déterminantes et autonomes. Ce n’est donc pas un hasard si le père d’Avraham, Terah, était fabricant d’idoles. Avraham grandit au contact de cette culture polythéiste, et l’étudia de très près. Les sages de la Torah nous disent même qu’Avraham rédigea 400 traités sur les cultures, les philosophies et les croyances de l’époque. C’est dire qu’il était passé maître es philosophie et théologie. Mais Avraham ne s’arrêta pas là. Il comprit qu’au-delà de ces forces multiples qui agençaient et réglaient le monde, il devait y avoir un Maître unissant et dirigeant toutes ces forces disparates. Ainsi nous décrit le Midrach la « découverte » du D.ieu Un par Avraham : "Rabbi Isaac dit : parabole de cet homme qui, errant de lieu en lieu, vit une citadelle en flammes. Cette citadelle n’a-t-elle donc pas de gouverneur, s’écria-t-il !Le maître de la citadelle l’aperçut et lui répondit : le maître de la citadelle, c’est moi ! De même notre père Avraham s’écria : le monde n’a-t-il donc pas de gouverneur ! le Saint-béni soit-Il l’aperçut et lui répondit : le Maître du monde, c’est Moi » (Midrach Rabba 39, 1 ; traduction de B Marouani et A Cohen-Arazi, Editions Verdier, p 397). Ce Midrach vient nous enseigner deux notions fondamentales concernant la compréhension du divin. La première est que celui-ci ne se laisse approcher qu’après une recherche intense et incessante ; ce n’est en effet qu’après avoir « erré de lieu en lieu », parabole évoquant une quête effrénée et faisant probablement allusion aux études profanes qu’Avraham mena sans répit dans son jeune âge, que la question fondamentale du maître unique de la citadelle se pose. Avraham, de par ses nombreuses pérégrinations, sait par expérience que le monde est comme « une citadelle en flammes », où règnent la guerre et le feu : lui-même n’est-t-il pas passé par la fournaise ardente d’Our-Casdim où le jeta le tyran de l’époque, Nimrod ? Et devant ce monde –déjà- en pleine déliquescence, il comprend que tous ces événements ne sont pas le fruit du hasard, mais sont voulus et orchestrés par un seul Maître d’orgues. Il ne se peut pas, se dit Avraham, que le monde soit jeté à feu et à sang gratuitement, sans finalité. Et il se pose cette question seul conttre tous, alors que tout le monde admettait et croyait que l’univers était le jouet de forces capricieuses et contradictoires qui décidaient de passer par l’épée et le feu qui bon leur semblait. Avraham, après ses multiples recherches, sait très bien que ces idoles ne sont pas capables de la moindre action dans le monde. Ainsi cette conclusion s’impose à lui : il y a un Maître dans cet univers, qui ordonne et agence toutes les forces de la nature. Et à la suite de cette « découverte », le Midrach vient nous révéler l’autre aspect du divin : après le travail de l’homme pour approcher D, Celui-ci se révèle à l’homme. Après l’effort de l’homme « D l'aperçoit et lui répond : le Maître du monde c'est Moi ». Après ce mouvement du bas vers le haut, D.ieu instaure une révélation prophétique du haut vers le bas, qui permettra la rencontre de la créature et de son Créateur, scellant une alliance éternelle.
Cette alliance vient célébrer l’union de la connaissance et de la foi, que représente à merveille Avraham. Lorsque D.ieu demande à Avraham de quitter son pays natal pour une destination inconnue, celui-ci n’hésite pas un instant. Seul lui importe d’écouter la voix de Celui qui dirige le monde. Cette dimension de l’attachement sans condition à D est formulée expressément dans le premier verset du chapitre 17 : « Avram étant âgé de 99 ans, le Seigneur lui apparut et lui dit : « Je suis le D.ieu tout –puissant ; marche devant moi et sois intègre, simple (tam) ». Cette dimension de « tmimout », mal traduite par intégrité, ou simplicité, est une vertu cardinale que D exige à ses proches. Ainsi, c"est parce que Jacob est « intègre (tam) et étudie dans la tente » qu"il se hissera à la dimension d"homme juste et complet. La tmimout est la droiture et la simplicité que l"on est capable de retrouver après avoir « goûté » à tous les honneurs, les grandeurs et aussi les difficultés de ce monde. Il ne faut pas obligatoirement être passé existentiellement par toutes les épreuves du monde matériel, mais il faut savoir opter en toute connaissance de cause pour le monde de la grandeur divine. Ceci est le cheminement d"Avraham, qui n"en a que plus de mérite étant le seul contre le monde entier à choisir la voie de D.ieu. C"est pour cela qu"il s"appelle Avraham l"hébreu, nous dit le Midrach. Hébreu vient de la racine Ever, qui signifie passer. « Rabbi Yehouda dit : Avraham s'appelle l"hébreu (ivri) parce que le monde tout entier se tenait sur une rive et lui sur l"autre » (Midrach Rabba 42, 8). Paradoxale singularité d’Avraham, qui bien que se tenant seul face au monde entier, sera le vecteur de toute la bénédiction divine pour toutes les nations, tel que D.ieu le lui promet : « Et toutes les familles de la terre seront bénies par toi » (Béréchit 12, 3).
Dans ce contexte d’un Avraham rempli de foi et de connaissance de D.ieu, l’épisode de « l’alliance entre les morceaux » apparaît encore plus énigmatique. En effet, lorsque D.ieu annonce à Avram (il n’est pas encore Avraham) qu’il possèdera le pays de Canaan, Avraham lui demande une preuve : « Comment saurai-je que j'en suis possesseur ? » (Béréchit, 15, 8). Alors que lorsque D.ieu lui annonce qu’il aura une postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel, Avraham, déjà âgé de 99 ans, « eut foi en D.ieu » (15, 6). Alors, pourquoi doute-t-il quand il s’agit de la terre, lui, le père de tous les croyants ?
Avraham le prophète sait très bien que la terre de Canaan est l’épicentre autour duquel se jouera tout le destin du peuple d’Israël. Par prophétie, il sait aussi que ses descendants partiront pour plusieurs exils où ils connaîtront la déliquescence d’un peuple soumis à la barbarie des autres peuples souverains sur leurs terres. Le Midrach nous révèle que l’alliance entre les morceaux de bêtes n’est rien d’autre qu’une allusion aux quatre grands exils que subira Israël au décours de son histoire. « Prends –Moi une triple génisse » renvoie à la Babylonie qui donna trois grands rois : Nabuchodonosor, Evil Mérodakh et Baltazar. « Une triple chèvre » renvoie à la Médie qui donna trois grands rois : Cyrus, Darius, et Assuérus. « Un triple bélier » renvoie à la Grèce. Discussion entre Rabbi Eléazar et Rabbi Yohanan. Rabbi Eléazar dit : les grecs conquirent le monde dans toutes les directions à l’exception de l’Orient. Mais, objecta Rabbi Yohanan, il est pourtant écrit : « Je vis le bélier donner de la corne vers l"ouest, vers le nord et vers le sud, aucune des autres bêtes ne tenait devant lui » (Daniel, 8, 4)[1]. « Une tourterelle et un jeune oiseau (gozal) » renvoie au royaume de Rome qui sous l’apparence d’une tourterelle n’est qu’un brigand (gazlan) » (Midrach Rabba 44, 15). Cet apologue nous délivre la clé de la compréhension de cet épisode énigmatique de l’alliance entre les morceaux. En effet, on ne voit pas à prime abord le lien entre la promesse que D.ieu fait à Avram de lui donner le pays, le doute que celui-ci émet, et la réponse de D.ieu à ce doute en lui demandant de découper des animaux puis la prophétie des 400 ans d’assezrvissement et d’oppression. Grâce au Midrach, le lien commence à s’établir : si les bêtes découpées sont le signe des quatre exils que subira Israël, Avram peut douter que ses descendants pourront un jour revenir sur la terre promise. Il « voit » ce que ses descendants devront endurer dans ces exils et c’est pour cela « qu ‘une angoisse sombre, profonde pesait sur lui » (15, 12). Alors, après tous ces génocides, toutes ces tortures, comment peut-il être sûr qu’ils reviendront bien sur cette terre ? Alors viennent les paroles rassurantes de D.ieu : « Et la quatrième génération reviendra ici » (15, 16).
On comprend mieux maintenant le « doute « d"Avram. Face à une histoire aussi tourmentée que celle du peuple juif, et sachant que tous les peuples de l"antiquité seront destinés à disparaître, Avram se demande comment ses descendants pourront perdurer : dans une perpective historique rationnelle[2], rien ne peut expliquer le « miracle » de la présence des fils d"Avraham, Isaac et Jacob jusqu"à la fin des temps. Rien, dans une optique logique et rationnelle... Il faut donc expliquer l"éternité d"Israël par des critères différents, « métalogiques »[3]. Israël est porteur du message éternel du D.ieu créateur, qui traverse l"histoire pour amener le monde à sa rédemption finale. De la même façon que D.ieu transcende la création (puisqu"Il en est l"Auteur), le peuple chargé de délivrer Son message doit transcender l"histoire des autres peuples et leur succéder, pour faire aboutir la délivrance inscrite dans le programme divin. Sans messager, point de message. Or, si D.ieu a créé le monde, ce n"est pour le laisser à la dérive, mais bien pour y faire révéler Sa Gloire, qui ne pourra éclater aux yeux de tous qu’avec la rédemption de la fin des temps.
Il fallait donc user de principes métalogiques pour être sûr du destin positif d’Israël à la fin des temps. Il fallait en fait se rattacher aux structures les plus profondes qui organisent notre monde et les mondes supérieurs sur lesquels il repose. Avraham est en fait beaucoup plus que le géniteur du peuple juif. Il est aussi celui sur lequel repose le monde. Ainsi, le verset 4 du deuxième chapitre de Béréchit : « telles sont les origines du ciel et de la terre » est, d’après le Midrach, une allusion à Avraham : « Rabbi Yeochoua Ben Qorha dit : « Be-hibaram (quand ils furent créés), c"est be-Abraham (par Abraham)- en considération du mérite d"Avraham » (Midrach Rabba 12,9). Le ciel et la terre n"ont subsisté que grâce à la venue future d"Avraham, qui à lui tout seul, fit balancer le monde du côté du mérite, et permit à celui-ci de ne pas être détruit par D.ieu. En effet, d"Adam à Noé et de Noé à Avraham, le monde n’est qu"une succession de meurtres, de corruption sociale et de perversion sexuelle. Il faudra attendre Avraham pour que la recherche de sainteté apparaisse dans le monde, et qu"il y ait ainsi espoir d"une rédemption finale. Avraham est donc le pilier passé, présent et à venir de tous les hommes. La Bible le proclame clairement : « par toi seront bénies toutes les familles de la terre ».
La cabale propose un niveau d'explication encore plus profond. Le Ramhal désigne en effet Avraham par le « kav », le rayon de lumière divine jaillissant dans le monde et lui donnant toute sa vitalité, toute son âme. Le rayon primordial est le retour de la lumière divine après que celle –ci se soit « retirée » de l’espace qui sera la base du futur monde (voir notre article sur Béréchit où nous expliquons la formation du monde d’après le Ari zal, avec la théorie du tsimtsoum, du kav et du réchimo[4]). Le Ramhal établit clairement le corollaire entre d’un côté les structures de base du monde que sont le kav, le réchimo et Adam Kadmon, et de l’autre côté les Patriarches. Il énonce dans son livre Adir Bamarom (p 351-352) : » Avraham corrspond au kav, Isaac au réchimo et Jacob est la synthèse, représentée par l'Adam Kadmon. Et ce qui était avant le kav s’appelle Our-Casdim, et ceci est un grand secret (de la Torah)... Et ceci est lié au tohu et bohu de la création du monde... Et la sortie d’Avraham vers Canaan est liée au secret du kav ».
Que veut nous révéler le Ramhal dans ces quelques phrases volontairement énigmatiques ?
Il établit en fait un parallèle entre la création du monde et la venue d’Avraham dans ce monde. A l’instar du Midrach précédemment cité, le ciel et la terre ne se sont maintenus que grâce au mérite futur d’ Avraham. Le monde ayant été créé sur la base du tsimtsoum puis du kav, le parallèle s’imposait presque. Nous comprenons mieux ainsi la grandeur des Patriarches ; ils ne sont pas importants parce qu’ils sont les pères fondateurs du peuple juif, mais il faut inverser ici la proposition : ils ont été choisis par D.ieu pour être les géniteurs du peuple juif justement parce qu’ils incarnent le projet divin guidant le monde. Parce qu’Avraham a su trouver son Créateur, seul contre tous, il est de la même nature que cette lumière première qui fait se maintenir le monde. Mieux encore : il est cette lumière première, il est le kav[5] . Et Isaac sera le réchimo, parce qu’étant l’incarnation de la rigueur et de justice, il il représentera la notion de limite, donc de toute la matérialité ; mais matérialité qui a atteint son degré le plus élevé,c’est-à-dire qui cherche à se lier à la spiritualité et ne former qu’un avec elle : c’est le secret du ligotage d’Isaac, que nous traiterons dans notre prochain article[6].
Et la sortie d’Avraham d’Our-Casdim vers la terre d’Israël est similaire à l’émanation de la lumière divine dans l’espace qui était vide de cete lumière. Le Ramhal nous dit que ce qu’il y avait avant le kav s’appelle Our-Casdim, ce qui signifie littérallement la fournaise ardente. Avant le kav, avant que D ne se révèle à Avraham pour le faire partir vers Canaan, le monde n’était qu’une fournaise « invivable », insupportable. On comprend mieux alors le doute d’Avraham concernant l’héritage de la terre d’Israël : rentrer en Israël et la posséder pour toujours signifie faire régner dans le monde le kav, la lumière divine primordiale, et ce pour toujours. Le monde matériel sera-t-il à la hauteur de ce projet grandiose ? Avraham connaissant parfaitement la nature humaine et ses faiblesses (nous avons mentionné qu’il avait écrit 400 traités sur tous les aspects de l’humain), ses doutes métaphysiques semblent maintenant pertinents : quand, comment la Gloire de D.ieu régnera-t-elle sur le monde ? Et D.ieu de le rassurer : « la quatrième génération reviendra sur cette terre ». Certes, il y aura des exils de la Parole Divine, il y aura des périodes dans l’histoire où les hommes seront sourds au sensé biblique, mais la rédemption n’est qu’une affaire de temps : elle arrivera inévitablement, parce que telle est la Volonté de D.ieu.
 Lorsque la lumière divine fait son apparition dans cet espace « vide », et lorsqu’Avraham s’engage corps et âme sur la voix (voie) de D.ieu, alors le monde change radicalement. Alors, et seulement à ce moment là, tout prend un sens. Le sens de la Hauteur, du divin, et aussi le sens vers la terre d’Israël. Tout, alors, tout devient chargé de sens. Avraham n’est rien d’autre que cela : apporter du sensé à un monde qui en avait perdu jusqu’au souvenir. Il est grand temps, pour nous « modernes », de retrouver ce sensé primordial.
Du mot Kav, dit le Ramhal, va dériver le mot tikva, qui signifie espérance. De cette lumière divine primordiale avrahamique, nous n’héritons pas que du sensé universel : nous bénéficions aussi de l’espérance pour le monde de demain.

 
 
[1] Le Midrach cite ici la vision prophétique de Daniel qui fait référence aux quatre grands empires: Babylone, la Perse et la Médie, la Grèce et Rome. Le bélier est le symbole de la Grèce. Voir aussi « Ner Mitzva » du Maharal sur ce thème.
[2] Voir, par exemple, le très beau livre de l’historien Yerushalmi, « Zakhor », dans lequel il montre qu’Israël se situe au-delà de l’historiographie (l’étude des événements eux-mêmes), dans une dimension méta-historique, où seul importe ce qui donne sens à l’histoire des individus (l’historiosophie)
[3] Nous évitons à dessein le terme d’illogique, car celui-ci connote une acception péjorative, où les choses se passent de façon désordonnée et irrationnelle. C’est exactement l’inverse dont il s’agit ici. Le plan de D est minutieusement préparé, et fait intervenir une logique imlacable, même si celle-ci nous dépasse. Puisqu’elle est au-delà de notre logique (et non en-deçà), nous l’appelons donc métalogique.
 
[4] Succinctement, il s'agit de la théorie du tsimtsoum du Ari zal dans laquelle est présentée la création du monde. D.ieu s'est "retiré" d'un espace donné, pour laisser place à autre chose que Lui. C'est de cet espace primordial, appelé réchimo (la "trace" de D.ieu) que va naître toute la réalité. Puis D.ieu "réapparaît" sous la forme d'un rayon lumineux, appelé le "kav". De ce rayonnement va émerger l'Homme Primordial, appelé Adam Kadmon.
[5] Ce serait là le sens profond du Midrach qui compare la création du monde avec Avraham:  "ne lis pas béhibar'am, mais béavraham".
[6] La place de Jacob comme Adam Kadmon, c’est-à-dire « synthèse » de ces deux dimensions- kav et réchimo- sera aussi traitée ultérieurement.
 

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